Les affameurs de l’Afrique persistent et signent

C’est la première fois que le Comité de la Sécurité Alimentaire de la FAO s’intéressait à l’accaparement des terres, un phénomène qui explose littéralement depuis deux années et qui va lourdement aggraver la situation de pénurie et de hausse des prix alimentaires qui ont conduit à des émeutes en 2008. POURTANT RIEN N’A ETE DECIDE POUR ENRAYER L’APPETIT DE PREDATEURS QUI S’ENRICHISSENT EN AFFAMANT LES POPULATIONS DES VILLES ET DES CAMPAGNES AFRICAINES.


La semaine de discussion qui vient de se dérouler à Rome n’a rien décidé pour endiguer les famines, tournant le dos à la mise en place d’outils juridiques contraignants pour en eradiquer les causes.

Bien que la société civile ait été invitée pour la première fois et qu’elle ait fait des propositions précises, les 192 états membres et la Banque Mondiale s’en sont encore tenus à discuter du montant des aides aux pays pauvres. Ce qu’ils préfèrent, pour des raisons diverses, à leur donner les moyens de sortir de leur pauvreté (si bien organisée par ailleurs).

Marie Noëlle Bertrand rapporte dans l’Humanité du 16 octobre 2010 qu’en deux ans, la cession des terres arables a plus que décuplé, passant de 4 millions d’hectares vendus en moyenne par an à des investisseurs privés, à 45 millions d’hectares. Il s’agit d’Etats qui cherchent à sécuriser l’alimentation dans leurs propres pays ou d’investisseurs qui attendent les fruits de la spéculation sur les denrées alimentaires ou l’agro-carburant.

Le cas du Mozambique

Dans ce pays qui a été ravagé par une longue guerre civile, où le déminage n’est pas achevé, un rapport de la Banque Mondiale indique que des milliers d’hectares ont été vendus entre 2004 et 2008 pour augmenter de 50% la surface agricole. Mais la plupart ont été plantés pour de l’agrocarburant et des cultures d’exportation. Un audit de 2009 démontre qu’un tiers des terres accaparées n’avaient pas été cultivées. C’est ce qu’on appelle un bon placement qui attend son heure !

Les ONG qui exigeaient un moratoire d’un an sur la vente des terres arables aux investisseurs étrangers n’ont pas été entendues.

Des garanties existent, il faut qu’elles soient mises en places sans s’en tenir aux engagements volontaires qui n’engagent que ceux qui les déclarent.

– Sécuriser les terres par des actes juridiques reconnaissant aux paysans un droit d’usage coutumier.

– Autoriser des investissement responsables garantis par des directives claires de la Banque Mondiale.

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