Une jeune journaliste d’Equipe Média jugée à El Ayoun sans observateur étranger

Nazha Khalidi a été arrêtée le 4 décembre 2018 alors qu’elle filmait et diffusait en direct sur internet une manifestation pacifique dans une avenue d’El Ayoun. Cinq avocats espagnols accrédités par le Conseil général du barreau d’Espagne et deux observateurs de la Fondation norvégienne Rafto qui venaient assister à son procès qui devait se tenir le 20 mai, ont été expulsés dès leur arrivée à l’aéroport d’El Ayoun. « Il est interdit d’entrer dans la ville » leur a-t-on donné pour toute explication.


L’ONG Human Rights Watch affirme, dans un communiqué paru ce jeudi, que «les autorités marocaines se servent d’une loi visant à prévenir l’usurpation de fonction pour attaquer pénalement ceux qui tentent de dénoncer des violations des droits humains», dans le cadre de l’affaire de Nazha Khalidi.

La jeune femme est membre du groupe de journalistes Equipe Média. Elle est accusée « de ne pas remplir les conditions requises pour affirmer être journaliste».

Dans ce sens, l’ONG écrit que «les autorités ne devraient pas utiliser une loi conçue pour empêcher quelqu’un de non qualifié de prétendre être un médecin, par exemple, pour punir ceux dont les positions leur déplaisent». Et au directeur adjoint Moyen-Orient et Afrique du Nord à HRW d’ajouter que «ceux qui s’expriment pacifiquement ne devraient jamais craindre la prison pour avoir prétendu être des journalistes».

Avec ces sept personnes la liste des explusés du Sahara occidental depuis janvier 2014 compte désormais 191 personnes de 17 nationalités

Le roi du Maroc continue d’interdire l’accès à toute personne qui vient s’intéresser à ce qui se passe dans un territoire dont aucun pays au monde n’a reconnu sa souveraineté. Il sait pouvoir compter sur la France qui s’oppose toujours à ce que la MINURSO soit dotée d’un volet de surveillance des droits de l’homme. Même les responsables des mécanismes de l’ONU et de l’UA ne sont pas autorisés à venir enquêter.

Amnesty International s’est également élevée contre ce procès qui a été reporté au 24 mai sous le prétexte loufoque que « son Iphone n’a pas encore été analysé par le service compétent ».

Ce sera dans « l’intimité » car aucun étranger ne pourra y assister à voir si sa famille et les militant(e)s sahraouis pourront avoir accès à la salle d’audience.

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