L’AGRÉGATION AGRICOLE DANS LA STRATÉGIE NATIONALE DE L’AGROBUSINESS À MADAGASCAR

Newsletter n°152 du Collectif TANY :

http://terresmalgaches.info/IMG/pdf/l_agregation_agricole_dans_la_strategie_nationale_de_l_agribusiness_a_madagascar.pdf

L’AGRÉGATION AGRICOLE DANS LA STRATÉGIE NATIONALE DE L’AGROBUSINESS À MADAGASCAR

L’« agrégation agricole », nouveau concept promu par le ministère de l’agriculture pour atteindre l’autosuffisance alimentaire, et l’agrobusiness le modèle à développer pour transformer le secteur. L’agrégation agricole consiste en un contrat signé entre des coopératives d’agriculteurs, éleveurs ou pêcheurs, les « agrégés », et une entreprise, l’investisseur, « l’agrégateur ». Il s’agit d’une forme d’agriculture contractuelle déjà pratiquée à Madagascar. L’entreprise avance les semences, engrais, matériel et encadre les paysans. Les paysans cultivent leurs terres en utilisant les intrants fournis, en respectant strictement les différentes instructions de l’entreprise et doivent lui vendre, à un prix souvent fixé au moment de la signature du contrat, toute leur récolte sauf les produits qui ne respectent pas les normes. La perte d’autonomie des paysans est manifeste, la plus-value bénéficie majoritairement à l’investisseur, le partenariat est « petit gagnant-grand gagnant », dénoncent la Plateforme nationale des organisations de la société civile (PFNOSCM) et le Collectif pour la défense des terres malgaches – TANY, pour qui la signature des contrats par des coopératives à la place des paysans, membres ou non d’associations, maintiendra le rapport de forces très inégal entre l’investisseur et les agriculteurs. Par ailleurs, la logique économique des agrégateurs risque de les amener à préférer investir dans des produits à forte valeur ajoutée qui ne sont pas des produits vivriers. Et même s’ils s’engagent dans la riziculture, ils risquent de préférer exporter le riz. De gros doutes sont donc émis sur la capacité de cette stratégie à atteindre l’autosuffisance alimentaire. L’agrégation agricole ayant été appliquée pendant plus de dix ans par le plan Maroc Vert, les principaux enseignements de l’expérience montrent que le paysan devient de plus en plus dépendant et n’a pas les moyens de contrôler les prix de vente de sa production. Un appel à la vigilance de tous les citoyens est lancé donc dans le cadre du futur projet de loi annoncé dans la stratégie nationale de l’agrobusiness.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *