France-Afrique : Mbembé, deux pas derrière Macron pour un énième dialogue françafricain

Par rapport à cette rencontre Macron-Mbembé, disons-nous simplement les choses !
Qui est Macron ? Sinon le Ier VRP des intérêts français ici et ailleurs, dans le monde. Des intérêts attachés à une Idée-La France dont l’existence nationale reste aujourd’hui problématique et ne fait plus sens, au niveau de ses élites réactionnaires, ultralibérales et social-démocrates. Des élites aptes à garantir une démocratie formelle et qui se gargarisent de défendre les valeurs d’une République-coquille vide. Une farce, après la tragédie!


La réalité de la France aujourd’hui, réside seulement et exactement dans son adossement à des intérêts réels. Dès intérêts dont la défense ne fait pas de doute. Une défense assurée par une armée dont les bases multiples truffent l’Afrique de toutes parts; en plus de la kyrielle d’institutions sociopolitiques, académiques, culturelles, servies et portées par une oligarchie restreinte, une bourgeoisie et une petite bourgeoisie individualistes.
Cette France, ce sont aussi ses multinationales qui s’engraissent du pacte colonial, de l’exportation éhontée des capitaux, la prédation des minerais humains (migrants) et naturels (ressources stratégiques) dans le cadre de la division internationale et néolibérale du travail.

Aussi, la réalité de ces intérêts ne fait pas de doute. En ce sens, on peut donner l’exemple de la France-Afrique, des bases militaires, des banques, le Franc CFA-Eco, les structures réseautiques de connivence hégémonique qui irriguent l’endocolonat nègre à domicile en Afrique, dans le Pré Carré francophone; toutes ces entités, tous ces éléments donnent à comprendre ce qu’est La France d’où parle Macron. Cette France restée colonialiste qui paralyse, parasite et prédate les sociétés africaines.

Et c’est au service de cette France qu’est Macron, tout comme l’ont été les autres, ses prédécesseurs qui, chacun à leur façon, ont, depuis la traite et l’instauration du système colonial, insulté et humilié, par arrogance débile, l’Afrique et ses peuples, à Dakar, à Ouagadougou, Abidjan, Kinshasa, Bamako ou ailleurs; cette France qui assassine nos Révolutions, nos patriotes, qui soutient par intérêts de classes, l’endocolonat le plus traite à l’Afrique, le plus couché et soumis aux intérêts français; cette France du commerce négrier des ventes d’armes criminelles, de la sous-traitance du mercenariat, hier au Biafra, aux Comores, au Congo-RDC, et aujourd’hui du djihadisme stipendié en Syrie, en Irak, au Mali..; cette France des barbouzes, partout en Afrique!

Certes, Mbembé est un grand universitaire sorti des meilleurs moules académiques d’Occident où il apparaît très intégré coopté et adoubé. Mais combien de divisions peut-il socialement et concrètement aligner face à ce Macron qu’il va rencontrer muni seulement d’un couteau universitaire sans lame? Il est à craindre que ses pas de côté d’intellectuel, ne soient que des démarches et contorsions de diversions; des gesticulations que le système occidental adore, quand il cherche à vous caresser le nombril! Les effets hypnotiques de tels caresses paraissent redoutables et font succomber dans l’hybris de la déraison couplée à la tentation de vêtir ici, à l’occasion, par naïveté et apolitisme académique, le manteau de grands Nègres de maison que les politiques pourris de France adorent caresser le nombril, parce que totalement inoffensifs et sans dents.

Mais la question clé qui se pose ici est la suivante : Qui est-il au juste notre Mbembé ? D’où tire t-il son mandat de légitimité pour dialoguer avec Macron au sujet de tout un continent ? Et qui sont ceux où celles qui l’accompagnent ou non ? Et pour quels débats ? Quels enjeux ?

Mis à part ses talents d’universitaires philo-politiste de Mbembé, quelle rupture épistémologique propose t-il aux Africains, dans le champ de ses compétences ? Et qui répondent à l’aboutissement d’une écriture-production d’une pensée autonome endogène propre à renouveler la pensée, en rapport aux réalités africaines, à l’exemple d’autres penseurs qui, avant lui, ont forcé notre fierté? Ce n’est pas médire sur son compte si on le situe plutôt proches des dé-constructeurs à la Foucault, Derrida, Deleuze et tous ces courants de l’absurde, du social-libertaire et du bio-politique à la mode autour des questions du Genre, des Corps, des Groupes communautarisés en vogue dans les universités occidentales parce que dépolitisants socialement et transférés sans questionnements véritables dans les universités africaines où l’endocolonat se satisfait systématiquement par oisiveté et par débilité culturelle, de toutes les réformes scolaires françaises.

En ce sens, Mbembé et tant d’autres, n’a pas en main la Machette de lutte que nous recommandent d’avoir en main, F. Fanon, A. Cèsaire, Cheikh Anta-Diop, J. Ki-Zerbo, ou Nkrumah, A. Traoré, Mbog Bassong, un Théophile Obenga, S. Coovi Gomez ou même de militants progressistes et radicaux de nos sociétés civiles. Cette machette de lutte et de production épistémologique autonome et endogène désaliénée qu’attendent nos universités, nos sociétés étouffées d’acculturations individualistes hors sol.
Dans ces conditions que peut-on attendre de cette rencontre ? Hormis un supplément de consécration pour Mbembé ! Mais rien de plus, à part ça?

On connaît les limites de Macron, ce VRP des intérêts de l’oligarchie et de l’impérialisme français; et ce n’est pas l’insulter que de dire qu’il est bien inculte à l’Afrique qu’il ne connaît pas, à l’exemple de tous ces prédécesseurs; tout comme la grande masse des élites bourgeoises et petite-bourgeoises de ce pays, au service de l’impérialisme et du colonialisme.

Par rapport à l’Afrique, Macron n’a que clichés, mépris et insultes. Il n’est capable que de cela. Il insulte même les Français. Voilà un homme qui a échoué dans son dialogue avec les Maires de France, avec les Gilets Jaunes, avec les Intellectuels réunis à l’Elysée en 2019 ! Comment peut-on croire qu’il le réussira avec Mbembé, un philo-politiste? Aussi, Arrêtons de nous bercer d’illusions devant une tempête dans un verre d’eau minérale à Montpellier. Et si Mbembé à quelque chose à dire, hors de ses amphis universitaires, qu’il parle donc à l’Afrique, à sa jeunesse , à sa diaspora, et à tout l’endocolonat compradore réactionnaire qui viendra s’offrir un week-end touristique à la Grande-Motte.

Ils écœurent politiquement tous ces satrapes néocoloniaux comme Ouattara de Côte d’Ivoire, Paul Biya du Cameroun, Sassou Nguesso du Congo, le Bachagal Guelleh de Djibouti, Alpha Condé de Guinée… et consorts. L’intellectuel africain ne doit en aucun cas, jouer au nègre domestique qui cache tous les autres de la brousse. Aussi, comme l’a dit Fanon, nous devons tous, à tout moment, tenir ferme notre machette face à l’ennemi et face à tous ceux qui, comme Macron, cherchent à nous caresser le nombril !

« Na an lara an sara ! » a dit J,Ki-Zerbo.

« La patrie ou la mort, nous vaincrons! » a dit Thomas Sankara.

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