ENGAGEMENTS DE FRANÇOIS HOLLANDE

Réponse de François Hollande à l’nterpellation par l’AFASPA, le 11 avril 2012, des candidats suivants à l’élection présidentielle 2012 Nathalie Arthaud, François Bayrou, Nicolas Dupont-Aignan, François Hollande, Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou.


ENGAGEMENTS DE FRANÇOIS HOLLANDE en réponse à la Lettre de l’AFASPA aux candidats à l’élection présidentielle 2012

Interpellations par l’AFASPA, le 11 avril 2012, des candidats suivants à l’élection présidentielle 2012 Nathalie Arthaud, François Bayrou, Nicolas Dupont-Aignan, François Hollande, Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou.
Objet : Leurs engagements sur les rapports entre la France et les pays d’Afrique ?

(Cf. Adresse à F. Hollande in extenso en attaché, modèle des autres lettres sauf celle à Jean-Luc Mélenchon ci-joint.)

Réponse de François Hollande entre les deux tours, le 2 mai 2012. Extraits…

(..) « Je vous réaffirme ma volonté de proposer aux Africains une relation fondée sur le respect, l’égalité, la confiance et la solidarité. Il s’agit pour moi d’un engagement primordial : j’ai indiqué dans mon projet présidentiel que (…) je romprai avec la Françafrique. Ainsi, la politique africaine ne sera pas décidée au sein d’une cellule spécifique et ma diplomatie ne s’appuiera en aucun cas sur des réseaux parallèles et officieux, comme ce fut trop souvent le cas dans la période récente.

« Cette rupture est nécessaire par rapport à des pratiques qui ont desservi la France et l’Afrique et des usages qui n’ont rien d’acceptable, ni de légal. Je veillerai donc à ce que les relations de la France et l’Afrique puissent reposer sur des principes clairs et transparents. J’exigerai des entreprises qu’elles fassent preuve de davantage de transparence, en particulier en publiant leurs comptes détaillés par pays. Trop souvent, la justice s’est trouvée instrumentalisée. Il va de soi que, si je suis élu, son indépendance sera garantie, y compris dans le cas d’affaires sensibles telles que le dossier des biens mal acquis ou concernant le jugement des suspects de complicité de génocide.

« Je ne suis pas non plus favorable à ce que les projets de développement soient conditionnés à la signature d’accords migratoires ; j’ai ainsi annoncé que les budgets de développement actuellement alloués au ministère de l’Intérieur seraient transférés dans le programme budgétaire supervisé par le ministère des Affaires étrangères.

« Enfin (…), les forces françaises pré-positionnées en Afrique auront aussi pour mission d’appuyer la constitution des forces régionales et sous-régionales africaines au service de la paix, en plus de la protection des ressortissants français en cas de crise. Je souhaite que les différentes institutions africaines, qu’il s’agisse de l’UA ou des institutions sous-régionales, voient leurs capacité d’intervention accrue. » (…)

(Cf. Réponse de F. Hollande in extenso en attaché.)


Point de vue de l’AFASPA :
DONT ACTE pour les engagements ci-dessus ! Mais de nombreuses questions n’ont pas reçu de réponses satisfaisantes de François Hollande, notamment celle relative à la suppression des bases militaires françaises en Afrique, revendication de l’AFASPA depuis sa fondation en 1972…


Rappel :
Lettre aux candidats à l’élection présidentielle 2012
Bagnolet, 11 avril 2012
Objet : Vos engagements sur les rapports entre la France et les pays d’Afrique ?

Madame, Monsieur,

L’Afrique et la France ont une histoire commune, de la traite négrière au néocolonialisme en passant par le colonialisme, les indépendances. Les relations des gouvernements de la Ve République avec le continent Africain ont été marquées par des ingérences politiques, économiques et militaires qui ont conduit aux situations dramatiques que vivent les populations d’Afrique.

Malgré les engagements du Président sortant, il n’y pas eu de rupture avec ces pratiques. Il n’y a pas eu de rupture avec le soutien à nombre de chefs d’Etat aux régimes autoritaires ou de dictature corrompus. Aucune rupture ne s’est faite sur la question de l’exploitation des richesses naturelles par les multinationales ni sur le maintien de bases militaires ni sur les institutions et les règles de fonctionnement de la zone franc ni sur la politique migratoire.

Les conflits en Afrique découlent des politiques économiques et sociales quand ce n’est pas sur la manipulation d’oppositions entre communautés. Dans le même temps, les populations des pays d’Afrique résistent et bougent. Les luttes des travailleurs se développent à la ville comme dans les campagnes, les associations de citoyens se mobilisent pour pallier au manque de services publics. Les populations et les forces démocratiques constatent que les aides et l’assistanat n’ont pas contribué à un réel développement économique. Ils veulent développer les industries créatrices d’emploi, l’agriculture vivrière et obtenir de nouveaux droits sociaux.

L’AFASPA, à l’écoute des aspirations des peuples d’Afrique, constate que ce continent qui a tant apporté par ses richesses naturelles et le travail humain au développement économique de notre pays, est absent des projets développés dans la campagne électorale.
Ce bref constat nous conduit à vous demander comme candidat à l’élection présidentielle, comment, à partir des questions précises ci-dessous, vous comptez rétablir de nouveaux rapports entre la France et les pays d’Afrique :

-Comptez-vous supprimer la cellule Afrique de l’Elysée et les « réseaux » ?

-Les accords économiques élaborés dans les années soixante dans la plus grande opacité sont des accords de subordination. Comptez-vous les revoir pour qu’ils puissent mettre en œuvre des projets de transformation des matières premières et non plus cantonner les économies de ces pays d’Afrique à la sous-traitance à bon marché des besoins industriels des pays du Nord ?

-Comptez-vous supprimer les bases militaires en Afrique dont les interventions (plus de 60 en un demi-siècle) ont contribué à déstabiliser les jeunes démocraties et à maintenir ou à amener au pouvoir des dirigeants aux ordres ?

-Comptez-vous reconnaître les crimes d’Etat que constituent la colonisation, l’usage de la torture durant la guerre d’Algérie, la répression des civils algériens le 17 octobre 1961, et plus généralement lors des guerres coloniales en Afrique (à Madagascar, au Cameroun etc.) ?

-Comptez-vous ouvrir les archives classées « secret-défense » sur ces réalités ?

-Comptez-vous faire la lumière sur les responsabilités de la France dans le génocide au Rwanda ?

-Comptez-vous cesser le soutien inconditionnel de la France au Maroc qui repousse depuis 20 ans la mise en œuvre du référendum d’autodétermination au Sahara occidental et cesser l’opposition d’un mandat de surveillance des droits de l’Homme à la MINURSO ?

-Comptez-vous engager une nouvelle politique migratoire qui respecte la dignité humaine et l’intérêt réciproque pour les peuples ?

En vous remerciant de l’intérêt que vous porterez à notre sollicitation, nous vous remercions de bien vouloir répondre à ces questions qui permettront de visualiser votre politique de relations nouvelles entre la France et le continent Africain, que nous ne manquerons pas de faire connaître.

Recevez, Madame, Monsieur, nos salutations distinguées.

Le Président de l’AFASPA
Jean Paul ESCOFFIER


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