Présentation du film « Nous venons en amis » de Hubert Sauper

Après Le cauchemar de Darwin, Hubert Sauper nous embarque au cœur du plus grand pays d’Afrique filmé en 2011 au moment de sa partition, justifiée en son temps, pour y régler un conflit armé…qui perdure aujourd’hui.


Au cours de son périple à bord de son aéronef de poche, le réalisateur survole des paysages dont la beauté visuelle cache une réalité dont il nous fait rencontrer les protagonistes : des affairistes texans préoccupés par l’appât du gain qui évangélisent une population locale désabusée par le dépeçage de leur pays, des Chinois, des militaires de l’ONU et des personnalités locales qui se parent d’une fausse naïveté pour masquer leur cupidité.

« Le baroudeur Sauper prend d’incroyables risques. C’est sa façon d’enquêter. Déguisé en commandant de bord avec quatre barrettes aux épaules de sa chemise blanche, il se pose en des lieux inaccessibles ou interdits, brave la perplexité de ses interlocuteurs en faisant copain-copain, expliquant ses déboires de vols et sa nécessité de se poser. Passant pour un explorateur un peu dingue, il capte ce que le montage pose comme une série de chocs, tant le réel dépasse la fiction. La juxtaposition de plans contraires (le discours des uns et la réalité des autres) concourent à donner la réalité comme univoque : elle parle de soi, il suffit de la capter en mettant les mains dans le cambouis ». Africultures

« C’est un petit avion, à peine plus qu’un ULM, monomoteur, qui survole un pays de savane. Aux commandes, il y a un type au regard las qui se pose où il peut, aux abords d’un village de cases, près d’une usine de préfabriqué bleu. Comme le pilote aime arborer le costume de sa profession, il a pris une allure de Corto Maltese moderne. Et comme il ne faut pas se fier aux apparences, il ne faut pas prendre ce film pour une fiction. Hubert Sauper, le pilote, est aussi le réalisateur du film qu’il a tourné au Soudan du Sud après une décennie d’une guerre civile qui a fait des centaines de milliers de morts, des millions de déplacés et de réfugiés. » Le Monde

Le réalisateur « entend montrer que les premiers colons comme les acteurs du développement, sont plus préoccupés par leurs propres intérêts que par la générosité ». France Culture.

Débat à l’issue de la projection avec la participation de Mohamed Kadamy, membre de l’Amicale panafricaine.

MARDI 18 OCTOBRE 2016 à 20h

Cinéma La Clef, 34 rue Daubenton 75005 PARIS (métro Censier Daubenton)

Participation aux frais 5€

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