Le Sahara occidental dans l’étau marocain

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International – Article paru dans L’Humanité du 17 novembre 2009

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Le Sahara occidental dans l’étau marocain

Rabat a expulsé Aminatou Haidar, militante reconnue des droits de l’homme. Une énième démonstration de force contre les Sahraouis.

Intimidations, confiscations de passeports, menaces, arrestations, procès arbitraires… Depuis 2005, début de l’intifida pacifique au Sahara occidental, le Maroc use de la répression à l’encontre des militants des droits de l’homme dans les territoires qu’il occupe illégalement depuis 1975. Vendredi, l’activiste sahraouie, Aminatou Haidar a, une nouvelle fois, été arrêtée à son arrivée à l’aéroport d’El Ayoune, la capitale du Sahara occidental, en compagnie de deux journalistes espagnols, avant d’en être expulsée en direction des Canaries (Espagne) d’où elle provenait. « Titulaire d’une carte d’identité nationale et d’un passeport marocain, (…) Aminatou Haidar a été arrêtée pour avoir refusé d’accomplir les formalités de police », a indiqué l’AFP. La lauréate de plusieurs prix internationaux des droits de l’homme, dont celui du courage civil en 2009, et nobélisable un an plus tôt, a été interrogée par douze agents de la sécurité marocaine pour avoir osé inscrire sur la fiche d’entrée la mention Sahara occidental. Une offense à « l’intégralité territoriale du Maroc », selon Rabat, pourtant tenu d’organiser un référendum sur l’autodétermination du Sahara occidental depuis dix-huit ans, comme le recommandent nombre de résolutions de l’ONU.

Aminatou Haidar, condamnée à rester en Espagne après s’être vu confisquer son passeport, a entamé une grève de la faim en signe de protestation. Par deux fois elle a connu les prisons marocaines et la torture. Elle ne cesse depuis d’alerter sur les graves violations des droits de l’homme dont sont victimes les Sahraouis. À l’instar de sept militants, dont Ali Salem Tamek, vice-président du Collectif des défenseurs des droits de l’homme (Codesa), arrêtés il y a un mois, et passibles d’être traduits devant un tribunal militaire pour s’être rendus dans les campements de réfugiés sahraouis de Tindfouf (Algérie). Reconnus comme prisonniers d’opinion par Amnesty International, ils encourent jusqu’à la peine de mort. En 2008, lors d’un colloque à l’Assemblée nationale à Paris, Aminatou Haidar avait dénoncé la diplomatie à géométrie variable de l’UE qui devient muette en matière de respect des droits de l’homme lorsque ses intérêts économiques sont en jeu.

Cathy Ceibe


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