IGNORANCE OU MENSONGE?

Lors de sa récente visite au Maroc le Président de la République Française a déclaré qu’il n’y avait pas eu de printemps arabe au Maroc. Ignorance ou mensonge ? Pourtant le mouvement social du printemps arabe marocain est né le 20 février 2011.


C’est en scandant « Markhzen dégage ! » que les manifestants du M 20 (Mouvement du 20 février), marchaient dans les rues d’une centaine de villes dans les premiers semaines du mouvement organisées tous les mois au niveau national et chaque semaine au niveau local. Puis une vingtaine de grandes villes ont continué jusqu’au 1er anniversaire, le 20 février 2012. Ensuite, ce furent des rassemblements dans quelques grandes villes Rabat, Casa, Tanger.

L’exigence de la population portait sur le respect de la dignité, la demande de travail, de logements décents et des droits sociaux.

La répression policière a fait 11 morts parmi les jeunes dont une fille :

1 à Sefrou et 5 à Al-Hoceima le 20 février 2011

1 à Safi le 2 juin 2011

1 à Béni bouayach en août 2011 (Kamal Hassani, un diplômé chômeur de l’ANDCM, tué par un Baltaji, sbire des forces de l’ordre)

Sans compter les 2 morts immolés par le feu

Les manifestations étaient organisées tous les mois d’une façon nationale et pratiquement tous les dimanches au niveau local.
Passer outre cette réalité est une offense à leur mémoire, un non respect de leur engagement. C’est un mensonge. En outre il y eu autour de 70 peines d’emprisonnement de prononcées dans des procès expéditifs.

Ce n’est pas là une preuve de progrès dans le respect des droits de l’homme et de la démocratie pour ce pays contrairement à l’engagement pris auprès de l’Union Européenne pour le partenariat économique. Mais ce n’était pas non plus la préoccupation des hommes d’affaires qui accompagnaient le voyage présidentiel.
Dans le pays les mouvements de grèves vont s’amplifiant :

Outre celle du port de Tanger et de Sidi Ifni, les plus importantes sont celles des Mineurs de Ouarzazate et d’Immider. Plusieurs d’entre eux ont été arrêtés et condamnés. Ils sont parrainés dans une campagne à l’appel de l’ASDHOM. Il y a eu aussi plusieurs protestations populaires (à Marrakech en décembre 2012 avec 12 condamnations, à Zayou en mars 2013 à l’appel des diplômés chômeurs avec 7 arrestations, et la liste n’est pas finie.