A quand la fin de la dictature et de l’impunité au Cameroun ?

Mises en selle par la France depuis 1960, les gouvernements camerounais ont fidèlement appliqué les accords dits de coopération au profit des multinationales qui ont pillé ressources forestières, minières d’une des régions les plus riches d’Afrique. Pour ce faire, une politique des plus répressives a succédé aux 15 ans de guerre menée par la France (1955-1970) pour venir à bout d’un parti, l’UPC (Union des Populations du Cameroun) créé en 1948 qui prônait une « indépendance totale immédiate et la réunification du pays », ancienne colonie allemande, partagée entre la Grande Bretagne et la France par la Société des Nations à l’issue de la première guerre mondiale.


Jusqu’en 1991 il était interdit de prononcer les noms de l’UPC et de son Secrétaire Général Ruben Um Nyobé assassiné par les militaires français le 13 septembre 1958 dans la forêt Bassa, de même que l’évocation de la résistance à l’arbitraire, conduite par ses camarades Félix Moumié et Ernest Ouandié eux-mêmes assassinés par les services secrets français pour le premier et le pouvoir fantoche pour le second.

Eliminer des militants et des centaines de milliers de leurs partisans à travers le pays n’a pas fait disparaître avec eux les revendications populaires et les besoins d’un peuple qui exige lui aussi les moyens de vivre. La répression de 2008 avec quelques 150 morts, n’a pas étouffé cette soif. Aujourd’hui les Camerounais demandent que Justice leur soit rendue et l’avènement de réels changements politiques.

C’est dans ce contexte qu’a été organisé à Douala le Congrès statutaire de l’UPC du 12 au 14 août 2011. Mais Paul Biya, dictateur en place depuis 1982 et qui a l’intention de briguer un nouveau mandat, ne l’entendait pas ainsi. Il a multiplié les manœuvres administratives et intimidations criminelles pour empêcher la tenue du congrès de l’UPC, mettant en danger la vie de ses dirigeants. Le 13 août au petit matin le corps spécial du BIR, qui a participé au massacre des jeunes en février 2008, a fait irruption au siège de l’UPC, violant ainsi le droit d’association et de réunion.

Aujourd’hui comme depuis 1960, l’Union des Population du Cameroun est la bête noire d’un pouvoir aux ordres des puissances politiques et financières qui dirigent le monde libéral car elle veut rompre avec une logique qui a ruiné l’Afrique d’après les indépendances.
L’AFASPA proteste à l’égard de cette nouvelle atteinte aux libertés fondamentales au Cameroun et tient à assurer de sa totale solidarité les militants de l’UPC dans leur lutte pour l’établissement de la démocratie dans leur pays et de sa souveraineté.

Bagnolet le 15 août 2011

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