Absence de communication avec Naâma Asfari depuis le 13 juillet

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L’image place Naâma Asfari au premier plan, entouré des visages d’autres prisonniers politiques sahraouis. Elle rappelle que son cas, aujourd’hui au centre de l’inquiétude internationale, ne peut être séparé de celui de ses compagnons de Gdeim Izik et de tous les militants emprisonnés pour leur engagement en faveur des droits du peuple sahraoui.

En grève de la faim depuis le 8 juin, Naâma Asfari réclame le respect de ses droits et l’application des décisions rendues par les mécanismes des Nations unies. L’administration pénitentiaire marocaine affirme que son état est « stable » après une hospitalisation et un traitement lié à une carence en potassium. Sa famille conteste cependant cette présentation et dénonce l’absence de communication téléphonique depuis le 13 juillet, ainsi que le manque d’informations médicales indépendantes.

La question ne se limite donc pas à l’opposition entre deux versions.

Pourquoi sa famille et ses avocats ne peuvent-ils pas communiquer librement avec lui ?

Pourquoi aucune équipe médicale indépendante n’est-elle autorisée à examiner son état ?

Et pourquoi reste-t-il détenu malgré les conclusions du Comité des Nations unies contre la torture et l’avis du Groupe de travail sur la détention arbitraire ?

Derrière Naâma Asfari, les prisonniers de Gdeim Izik

La famille a également rappelé la situation de Mohamed Lamine Haddi, Hassan Dah, Ahmed Sbaï, Mohamed Bani et des autres prisonniers du groupe de Gdeim Izik. Plusieurs d’entre eux subissent des sanctions disciplinaires, des restrictions de communication, l’isolement et des difficultés d’accès aux soins.

Leur dispersion dans des prisons situées à des centaines de kilomètres du Sahara Occidental rend les visites difficiles et transforme chaque appel téléphonique en un lien essentiel avec leurs familles et leurs avocats.

Robert F. Kennedy Human Rights a demandé la libération immédiate et sans condition de Naâma Asfari. Kerry Kennedy estime que son maintien en détention, malgré les conclusions des Nations unies, illustre la persistance de l’impunité.

Parler aujourd’hui de Naâma Asfari, c’est donc parler de tous les prisonniers politiques sahraouis. Chaque visage représente des années de détention, une famille séparée et une histoire que l’occupation marocaine cherche à maintenir hors du regard international.

Aucun communiqué évoquant un état « stable » ne pourra refermer ce dossier tant que les prisonniers sahraouis resteront privés de garanties indépendantes, de leurs droits fondamentaux et de leur liberté.

Sources : communiqué de la famille de Naâma Asfari, Robert F. Kennedy Human Rights et Sahara Press Service 

L’AFASPA a eu connaissance du véritable État de siège instauré autour des maisons où résident les  journalistes et militants sahraouis à Laayoun et dans les villes sahraouies, afin de les empêcher de se rencontrer pour réagir et soutenir la lutte que mène Naâma derrière les barreaux. 

Préserver une image de marque qui se craquelle pourtant de jour en jour, est la préoccupation principale du pouvoir marocain qui réprime tout autant son peuple que celui qu’il colonise depuis 50 ans mais qui résiste toujours, sous le joug comme dans l’exil forcé.