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Dernière mise à jour :
mardi 28 juin 2022





   
La Lettre de mai 2022
lundi 6 juin 2022

LE 1ER MAI 2022 EN AFRIQUE

En Tunisie Ce n’est pas sur des revendications salariales qu’a porté le discours du dirigeant de l’UGTT mais sur le rejet de la centrale syndicale à voir l’état d’exception perdurer et les libertés amputées. Il a dénoncé « la centralisation des pouvoirs entre les mains de la seule personne et l’amendement des textes législatifs en s’appuyant sur des décisions unilatérales. » Noureddine Taboubi a lancé un appel au président Kaïs Saïed « pour l’ouverture immédiate d’un dialogue national avant qu’il ne soit trop tard. » La population tunisienne n’a rien à attendre, mais tout à craindre des discussions entamées en février avec le FMI pour le déblocage d’une aide de plusieurs milliards de dollars, conditionnées à des réformes structurelles.

Au Maroc on n’avait pas vu ça depuis 20 ans : 5% d’augmentation des prix à la consommation. Le pouvoir devait lâcher quelques promesses. Un accord a été trouvé avec trois centrales syndicales (UMT, UGTM et CDT) sur une augmentation du salaire minimum de 4,1% sur 2 ans. Le salaire minimum (loin de s’appliquer dans le secteur informel est actuellement de 2828,71dh soit environ 268€. Autre promesse, une augmentation des allocations familiales à partir du quatrième enfant, non chiffrée. C’est cependant aujourd’hui que le plein de carburant d’un véhicule moyen (50l diesel) est monté à 800dh presque 1/3 du SMIG.

En Afrique du Sud c’est sous les huées et les sifflets que Cyril Ramaphosa a dû quitter le stade où il s’apprêtait à s’adresser à la foule réunie par la Cosatu, la plus importante centrale syndicale. Les téléspectateurs ont vu en direct des mineurs s’accaparer le podium et le micro en scandant « Cyril doit partir. » Deux jours plus tard le président a reconnu « la perte de confiance dans leurs syndicats, leur fédération, ainsi que dans les dirigeants politiques et les institutions publiques » Il a déclaré « comprendre leur frustration », ce qui ne suffira pas à régler les questions brûlantes du chômage qui atteint 35% et la pauvreté avec près de la moitié de la population qui vit sous le seuil de pauvreté. Le secteur minier emploie 450.000 personnes souvent en mouvement revendicatif pour dénoncer leur exploitation au profit des grands groupes financiers et réclamer des augmentations de salaires. De son côté la SAFTU, deuxième fédération syndicale du pays qui compte près de 800 000 membres, a déclenché un mouvement contre la mise en place d’un salaire minimum dont elle réclame plus de 3 fois la somme proposée par le gouvernement : 1,60 centimes de dollar par heure, un salaire d’esclave estime-t-elle, alors le président Cyril Ramaphosa et ses soutiens affirment que cela devrait permettre de réduire les inégalités et de relancer l’économie en berne.

Burkina Faso. A l’occasion de la Journée mondiale du travail, l’Unité d’Action Syndicale (UAS) a rassemblé plusieurs centaines de participants dans une marche en direction du Ministère de la Fonction Publique, du Travail et de la Protection Sociale. Une plateforme minimale des travailleurs a été reçue par le Premier ministre Albert Ouédraogo. Les revendications du monde du travail portaient sur la sécurité des populations et de leurs biens, l’assainissement de la gestion des ressources nationales, le respect et l’élargissement des libertés démocratiques et syndicales et la promotion du travail décent, la mise en œuvre et le respect des engagements pris avec les organisations. Le premier ministre les a assurés que leurs préoccupations seraient « examinées avec la plus grande attention et résolues dans la limite de nos moyens. » Au meeting à la Bourse du Travail les débats ont porté sur d’autres sujets préoccupants : l’inondation de la mine de Perkoa où les chances de retrouver les 8 mineurs vivants s’amenuisent et le prix du pain après l’annonce d’une augmentation par les patrons de la boulangerie, pâtisserie et confiserie.

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