ACCUEILL’Afrique bouge< Maroc
Dernière mise à jour :
samedi 18 septembre 2021





   
Soulaimane Raissouni, un journaliste entre la vie et la mort
mercredi 9 juin 2021
L’ancien rédacteur en chef du quotidien arabophone Akhbar al Yaoum, incarcéré depuis un an sans jugement, poursuit depuis deux mois une grève de la faim qui met ses jours en danger. Ce flamboyant éditorialiste, sans complaisance pour la monarchie, nie en bloc les accusations d’«  attentat à la pudeur  » et de «  séquestration  », dont il est l’objet. Retour sur cette affaire, par l’Humanité et Médiapart.

L’ombre de lui-même

Soulaimane Raissouni, éditorialiste à la plume libre et acérée, d’une éloquence impitoyable, le dernier, au Maroc, à oser critiquer de front la monarchie, sa corruption, ses penchants tyranniques, l’injustice sociale sur laquelle elle est assise, se débat aujourd’hui dans l’arbitraire, entre la vie et la mort.

Le rédacteur en chef du quotidien arabophone Akhbar al Yaoum, asphyxié par le régime, contraint de baisser le rideau voilà trois mois, n’est plus que l’ombre de lui-même. Reclus à l’isolement depuis plus d’un an, dans sa geôle de la prison d’Oukacha, à Casablanca, il a perdu près de 40 kilos. Sa vie ne tient plus qu’à un fil et sa jeune épouse, Kholoud, prépare déjà son deuil. Dans un geste désespéré, un cri de révolte contre l’indifférence, elle a posté sur les réseaux sociaux, la semaine dernière, l’image du linceul blanc qu’elle destine à son époux. Soulaimane Raissouni n’aura pas vu grandir leur fils, aujourd’hui âgé de 18 mois.

Des accusations lancées sur Facebook

La vie de ce talentueux journaliste a basculé le 22 mai 2020, lorsqu’une escouade de policiers en tenue civile l’ont brutalement appréhendé à l’aube, à son domicile de Casablanca. Sans convocation officielle, ni mandat, sous l’œil de caméras, prévenues pour l’occasion. Il a dû attendre plusieurs jours avant que lui soient notifiées les charges pesant sur lui  : attentat à la pudeur et séquestration. Quelques jours plus tôt, la justice s’était saisie des accusations lancées le 14 mai sur le réseau social Facebook par un militant des droits des personnes LGBT. Ce dernier, qui s’exprimait sous le pseudonyme d’Adam Muhammed, affirmait avoir subi «  une tentative de viol en 2018  » au domicile du journaliste, sans le nommer. Un procédé bien rodé Originaire de Marrakech, le jeune homme se trouvait chez les Raissouni, à l’invitation de Kholoud, qui travaillait alors à un documentaire sur la condition des personnes LGBT au Maroc, où l’homosexualité est punie de six mois à trois ans d’emprisonnement. Contacté à plusieurs reprises par l’Humanité et Médiapart, il n’a pas donné suite à nos sollicitations, ni répondu à nos questions transmises par écrit.

Soulaimane Raissouni nie en bloc ces accusations. Un témoin corrobore sa version  : l’employée de maison, présente ce jour-là. Les avocats de la défense ont maintes fois demandé au juge d’instruction de l’auditionner. Refus catégorique. Le jeune militant LGBT n’a déposé plainte qu’après l’interpellation du journaliste, annoncée en amont à coups de clairon, selon un procédé bien rodé, par les auxiliaires médiatiques du régime.

Menaces de destruction

Dès le 20 mai, le site Barlamane, relais des services de renseignements, annonçait «  un scandale honteux  », exigeant que le journaliste, qualifié de «  déséquilibré  » soit traduit en justice. «  On se demande ce que vous attendez pour ouvrir une enquête  », lisait-on dans ses colonnes, à l’attention du ministère public.

«  Petite Soulaiminette, c’est l’avant-dernier avertissement avant de te détruire  !  », menaçait, trois jours auparavant, le site Internet Chouf TV, véritable organe du régime et de ses basses œuvres, en promettant le «  sacrifice  » de l’éditorialiste pour l’Aïd el-Fitr, la grande fête de fin du ramadan qui avait lieu, cette année-là, le 24 mai. Promesse tenue...

Éditoriaux au vitriol

Ces médias connus pour manier la diffamation sur ordre vilipendaient Raissouni depuis des mois. En cause  ? Ses éditoriaux au vitriol, n’épargnant ni le roi, ni sa garde rapprochée, ni le tout-puissant chef des services de sécurité, Abdellatif Hammouchi, visé en France par des plaintes pour torture, et dont la convocation par la justice française lors de l’un de ses séjours parisiens avait déclenché, en 2014, une tempête diplomatique entre Paris et Rabat.

En cause, encore, ses prises de position en faveur du journaliste Omar Radi, poursuivi pour « espionnage » et « atteinte à la sûreté de l’État » après le scandale suscité par les révélations d’Amnesty international sur l’usage par les autorités marocaines du logiciel espion israélien Pégasus pour le surveiller - plus tard accusé de viol à son tour ( lire notre enquête sur l’affaire Omar Radi).

« Stratégie sexuelle » En cause, enfin, son soutien sans faille à sa nièce, Hajar Raissouni, 29 ans, elle-même talentueuse journaliste d’ Akhbar al Youm. La jeune femme avait été condamnée, le 30 septembre 2019, sur la base de rapports médicaux truqués, à un an de prison ferme pour «  avortement illégal, relations sexuelles illégales, débauche  », après son interpellation à la sortie d’une consultation de gynécologie. Devant le tollé suscité au Maroc et à l’étranger par cette incarcération, Hajar Raissouni avait finalement été libérée le 16 octobre, en vertu d’une grâce royale.

Cette « stratégie sexuelle » pour démolir les opposants, des journalistes et réduire au silence les voix critiques avait déjà fait tomber une figure d’ Akhbar al Yaoum, son directeur, Taoufik Bouachrine, condamné un an plus tôt à douze ans de prison, au terme d’un procès jugé «  inéquitable  » par le groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire, pour «  abus de pouvoir à des fins sexuelles  », «  viol et tentative de viol  ». Peine alourdie en appel à quinze ans de prison ferme.

Des témoins sous la contrainte

Dans le dossier Bouachrine, sur les quinze plaignantes initialement recensées par la presse marocaine, huit avaient finalement manifesté le refus de témoigner contre lui, ou s’étaient ouvertement rétractées. L’une d’entre elles, Afaf Bernani, avait même été condamnée pour cela  : « falsification de procès-verbal », six mois de prison ferme. Depuis son exil, elle exhorte aujourd’hui le régime marocain à «  cesser d’utiliser les allégations d’agression sexuelle pour réduire au silence les opposants  ».

Lors du procès à huis clos, qui s’était étiré sur plusieurs mois, d’autres témoins, revenus sur leurs déclarations, avaient fini derrière les barreaux. Des mandats d’amener avaient dû être délivrés pour contraindre certaines plaignantes à se présenter à la barre. Une femme présentée comme une « victime » de Bouachrine, refusant de se présenter au tribunal, avait été retrouvée cachée, terrorisée, dans la voiture d’un témoin... La justice comme instrument de répression

Dans l’affaire Raissouni, les enquêteurs n’ont pas ménagé leur peine pour tenter de collecter d’autres plaintes et mettre en scène une accumulation propre à transformer l’éditorialiste en prédateur sexuel. En vain. Le plaignant lui-même, devant le calvaire du journaliste, répète aujourd’hui être attaché au «  droit à la vie  » et ses avocats ne s’opposent pas à ce que Raissouni comparaisse libre. Lors de l’audience du jeudi 3 juin, le juge est resté sourd à ces appels  : il a estimé que l’incarcération de Raissouni, «  en bonne santé  » selon lui, pouvait se prolonger . L’expertise médicale demandée par la défense a été rejetée. Des voix nombreuses s’élèvent ces derniers jours, au Maroc, pour conjurer Soulaimane Raissouni à mettre un terme à cette grève de la faim, son ultime recours pour dénoncer le rouleau compresseur d’une justice réduite au rang d’instrument de répression. Kholoud connaît son mari  : il n’arrêtera pas. «  La liberté, la justice ou la mort  », répète-t-il.

«  Toute-puissance diplomatique  »

L’inquiétude est d’autant plus grande que depuis l’accord scellé avec l’ancien président américain Donald Trump - la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental en échange d’une normalisation des relations avec Israël -, le régime marocain croit jouir d’une «  toute-puissance diplomatique  », analyse un observateur. Les bras de fer en cours avec l’Allemagne et l’Espagne pour obtenir de l’Union européenne la même reconnaissance que les États-Unis en témoignent.

Gendarme de la forteresse Europe, le Maroc a poussé le chantage à son paroxysme en jetant, lundi 17 mai, des milliers de migrants, dont de très nombreux mineurs, vers l’enclave espagnole de Ceuta, ce confetti d’Europe en Afrique, legs de l’ère coloniale. Mais, cette fois, le chantage ne passe plus, jusque parmi les alliés les plus complaisants, comme la France. Ce jeudi 10 juin, le Parlement européen pourrait adopter une résolution condamnant le Maroc pour son attitude attentatoire aux droits humains, aux droits des enfants en particulier. Ce qui n’est pas arrivé depuis des années.

« L’UE et les États-Unis doivent réagir »

«  La virilisation du régime marocain sur le terrain diplomatique, son mépris, en interne, des droits humains n’est pas un signe de force, c’est un signe de faiblesse. L’Union européenne et les États-Unis doivent réagir, car le régime ne comprend que le rapport de forces international  », estime Aboubakr Jamaï, figure du journalisme d’investigation, fondateur du Journal, l’une des aventures de presse les plus audacieuses des dernières décennies, aujourd’hui réfugié en France . À Paris, où la monarchie marocaine a su tisser le solide réseau d’une diplomatie parallèle, au cœur de l’élite politique, médiatique, économique et culturelle, le silence est accablant. Le placement en détention de Soulaimane Raissouni a même suscité des applaudissements dans la presse française.

Comme ceux d’une journaliste de Marianne qui se réjouissait, le 29 mai 2020, de l’incarcération d’un «  tartuffe islamiste  », en imputant au journaliste les engagements de son frère, le très conservateur Ahmed Raissouni, lié aux Frères musulmans, président de l’Association internationale des oulémas, ennemi déclaré des droits des personnes LGBT et des libertés individuelles. «  Ce beau linge serait évidemment souillé par les débordements du journaliste  », ricanait-elle. Aucun responsable politique ne s’indigne

La famille Raissouni, issue d’une prestigieuse lignée d’érudits rétifs à l’arbitraire du pouvoir monarchique, compte dans ses rangs des islamistes. Des militants de gauche. Des défenseurs des droits humains. Des féministes dont le courage force le respect, comme Hajar Raissouni, aujourd’hui réfugiée au Soudan, qui a fait ses armes de journaliste en couvrant le soulèvement populaire dans le Rif, en 2016, violemment réprimé. Les procédés déployés pour briser ses membres engagés dans le débat public relèvent de la fange.

Pourtant, aucun responsable politique ne s’indigne du sort reservé à Soulaimane Raissouni, comme à toutes les voix libres qui s’éteignent aujourd’hui dans les geôles de Mohammed VI. Seul l’eurodéputé Raphaël Glucksmann s’est adressé sur le réseau social Twitter à « leurs geôliers »  : «  Cinquante-sept jours de grève de la faim et, au bout, la mort si son cri rencontre notre silence. Soyons les échos de Soulaimane Raissouni, d’Omar Radi, des journalistes et activistes marocains emprisonnés. »

Dans la prison d’Oukacha, Omar Radi, très affaibli lui aussi, demande, sans trêve, à rendre visite à son confrère. Requête refusée, semaine après semaine.

Dans la rubrique :
  1. VERITE ET JUSTICE pour les victimes du régime marocain
    5 décembre 2006

  2. 41 ARTISTES INTERROGENT SUR LA DISPARITION DE MEHDI BEN BARKA
    11 février 2007

  3. Police et Justice marocaines célèbrent le 1er Mai à leur manière
    10 mai 2007

  4. Maroc : retour aux années de plomb ?
    17 juin 2007

  5. LA REPRESSION POLICIERE RESTE L’OUTIL DU DIALOGUE SOCIAL DE LA MONARCHIE MAROCAINE
    10 juin 2008

  6. VIOLENTS AFFRONTEMENTS A ASSA (sud du Maroc)
    31 octobre 2008

  7. UNE GREVE DE LA FAIM POUR LE DROIT DE TRAVAILLER
    7 décembre 2008

  8. LE MAROC DÉBOUTÉ
    2 avril 2009

  9. AU MAROC ON BAILLONNE, ON REPRIME L’OPPOSITION DEMOCRATIQUE
    24 juin 2009

  10. Affaire Ben Barka : encore une dérobade devant la nécessité de vérité !
    3 octobre 2009

  11. Matraques et tir à balles réelles contre les mineurs de l’Office Chérifien des Phosphates
    12 mai 2010

  12. ASSOURDISSANT SILENCE SUR LA REPRESSION AU MAROC !
    24 février 2011

  13. MANIFESTATIONS AU MAROC : Caméras et micros français en berne ?
    21 mars 2011

  14. Diplomatie française : encore une bavure !
    28 mars 2011

  15. L’Association Marocaine des droits de l’homme refuse de cautionner
    28 avril 2011

  16. LE POUVOIR MAROCAIN NE TOLERE PAS LA CONTESTATION
    31 mai 2011

  17. Torture et procès truqué pour Zakaria Moumni
    4 juin 2011

  18. La double arnaque du référendum royal au Maroc
    28 juin 2011

  19. Les anciens détenus politiques marocains continuent la lutte
    6 juillet 2011

  20. Lettre ouverte de Khalid Jamaï à Alain Juppé
    13 juillet 2011

  21. Dimanche 23 octobre 2011 à 15h à Paris
    20 octobre 2011

  22. 46ème anniversaire de la disparition de Mehdi Ben Barka
    27 octobre 2011

  23. Mouvement du 20 février au Maroc : Réprimé, mais toujours en marche !
    30 janvier 2012

  24. LES JEUNES MAROCAINS INQUIETS
    13 juin 2012

  25. Museler la contestation au royaume
    23 août 2012

  26. ATTAC MAROC dénonce l’offensive répressive généralisée
    21 janvier 2013

  27. IGNORANCE OU MENSONGE ?
    10 avril 2013

  28. INTERVENTION DE LA FAMILLE DE MEHDI BEN BARKA
    30 octobre 2013

  29. Justice pour Zakaria Moumni torturé par la DST marocaine
    24 novembre 2013

  30. Les avocats cibles de la "Justice" marocaine
    17 février 2014

  31. L’OMDH vole au secours du directeur général de la DST
    8 mars 2014

  32. Observations préliminaires de Mme Navi Pillay, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, lors d’une conférence de presse à Rabat, Maroc, 29 mai 2014
    31 mai 2014

  33. Wafa Charaf, coupable de solidarité ouvrière !
    17 juillet 2014

  34. Arrestation arbitraire de Michèle Decaster, secrétaire générale de l’AFASPA
    12 août 2014

  35. Message de prison de Wafae CHARAF
    19 août 2014

  36. L’ambassade du Maroc à Paris refuse de recevoir une délégation
    18 septembre 2014

  37. Vérité et Justice pour Mehdi Ben Barka
    21 octobre 2014

  38. Double peine en Appel pour Wafae Charaf
    22 octobre 2014

  39. FORUM MONDIAL DES DROITS DE L’HOMME OU MARKETING MAROCAIN ?
    3 novembre 2014

  40. Solidarité avec Wafae Charaf, prisonnière politique marocaine
    12 décembre 2014

  41. Les autorités marocaines épinglées par le rapport de mission d’ERMDH
    3 avril 2015

  42. Ali LMRABET, Marocain sans papier au Maroc ?
    19 juin 2015

  43. La Voie Démocratique empêchée de mener sa campagne électorale
    1er septembre 2015

  44. LE MAROC ÉPINGLÉ A GENÈVE
    16 octobre 2015

  45. Campagne internationale de solidarité avec Wafa Charaf
    27 janvier 2016

  46. LUTTE CONTINUE DES PAYSANS D’IMIDER (Maroc)
    19 mai 2016

  47. Droits de l’Homme et liberté de la presse
    25 juin 2016

  48. Malgré la répression la lutte continue chez Maghreb Steel
    8 juillet 2016

  49. A propos de la disparition de Rachif Rafaa
    10 août 2016

  50. LA COLÈRE GRONDE AU MAROC SUITE AU CRIME ODIEUX !
    31 octobre 2016

  51. RAPPORT D’AMNESTY INTERNATIONAL 2016 Maroc/Sahara occidental
    22 février 2017

  52. Mouvement du Rif : la trahison des clercs
    14 juin 2017

  53. Résumé du rapport de la commission d’investigations sur la situation dans la province d’Al Hoceima
    19 juillet 2017

  54. LE MAKHZEN ASSASSINE TOUJOURS !
    10 août 2017

  55. 52ème anniversaire de l’enlèvement et de la disparition de Mehdi Ben Barka
    26 octobre 2017

  56. Attaques croissantes contre des associations des droits humains progressivement muselées
    25 janvier 2018

  57. La République française récompense un tortionnaire pour ses « loyaux services »
    28 juin 2018

  58. Ce que cache le bruit autour de la grâce royale de 188 prisonniers du Hirak
    26 août 2018

  59. Rassemblement à la mémoire de Medhi Ben Barka
    26 octobre 2018

  60. Manifestation se solidarité devant l’ambassade de France à Rabat
    6 février 2019

  61. Quand le Roi du Maroc fait sa loi en France
    17 février 2019

  62. PLAINTES DE L’ANCIEN AGENT MAROCAIN MILOUD TOUNZI (alias CHTOUKI)
    23 mars 2019

  63. L’obsession du régime marocain, encore et toujours
    4 juillet 2019

  64. VERITE ET JUSTICE POUR MEHDI BEN BARKA
    29 octobre 2019

  65. Mohamed 6 gracie un criminel qui a coupé la main d’une femme
    12 avril 2020

  66. Maroc : Nouvelle trouvaille dans la fabrication des procès politiques
    5 juin 2020

  67. Un pays sans justice est un pays qui appelle à la révolte1
    11 juillet 2020

  68. APPEL A UN RASSEMBLEMENT EN SOLIDARITE AVEC OMAR RADI
    25 septembre 2020

  69. L’abjecte manoeuvre du pouvoir marocain pour discréditer un démocrate renommé
    7 mars 2021

  70. Soulaimane Raissouni, un journaliste entre la vie et la mort
    9 juin 2021

  71. Un journaliste se meurt en prison
    12 juillet 2021