ACCUEILL’Afrique bougeAfrique du Sud
Dernière mise à jour :
mercredi 29 novembre 2017





   
Les mineurs obtiennent satisfaction après 21 semaines de grève
jeudi 26 juin 2014
Mercredi 25 juin, le travail a repris dans les mines de platine après 21 semaines de grève, la plus longue de l’industrie minière sud-africaine. Les 70 000 mineurs ont obtenu le doublement de leur salaire pour atteindre 12 500 rands (880€) étalé sur 3 ans, une augmentation des allocations logement, l’amélioration de la couverture maladie et la réintégration des centaines de mineurs licenciés au cours du conflit conduit par le syndicat Amcu.

Alors que les industriels laissaient le conflit s’enliser, le Ministre des mines, sans doute inquiet du recul de l’économie, avait demandé trois semaines avant l’accélération des négociations. Le platine représente 10% des exportations.

Anglo American Platinium et Impala Platinium, principaux des trois exploitants du platine sud-africain, ne vont pas se retrouver sur la paille pour autant, alors qu’ils prétendaient ne pouvoir répondre aux exigences des mineurs. Ces derniers ont pointé les diverses façons de rémunérer plus justement leur labeur : réajuster le prix de vente du platine actuellement vendu en dessous du prix du marché, réduire les juteux bonus et dividendes versés aux actionnaires et puiser dans les bénéfices dissimulés dans les filiales des firmes, nichées dans les paradis fiscaux. Pour préserver l’avenir de nouvelles grèves, les groupes miniers comptent s’équiper de drones anti-manifestations !!! C’est la société Desert Wolf de Prétoria qui a annoncé avoir vendu un engin téléguidé à un groupe minier international et qu’elle était sur le point d’en vendre d’autres en Afrique du Sud à des compagnies minières et des sociétés de sécurité privées.

Les mineurs et leurs familles auront plus de mal à se remettre de ces longues semaines sans argent au cours desquelles les sacrifices ont été importants pour tenir face à un patronat des plus durs. Vingt ans après l’abolition de l’apartheid, les mineurs vivent encore sous des baraques en tôle dans des bidonvilles dépourvus d’école et d’infrastructures sociales. Les industriels n’ont apporté aucune amélioration aux conditions de vie de ces travailleurs.

Cette longue grève aura coûté la vie à 7 personnes, il y a deux ans la répression de la précédente grève avait fait 34 morts.