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Dernière mise à jour :
vendredi 22 septembre 2017





   
Le numéro 129 (de septembre 2013) d’Aujourd’hui l’Afrique est sorti
mercredi 11 septembre 2013

Au S O M M A I R E du n°129 (de septembre 2013)


01. Guerre au Sahel. Dégâts collatéraux , Francis Arzalier

03. Après l’élection d’iIBK, quels défis pour le Mali ? , Rosa Moussaoui

05. Interview de l’écrivain Boubacar Boris Diop , Solidaire (Belgique)

06. Le Camp des Oliviers. Images fortes de l’Algérie coloniale , Francis Arzalier

06. Une enfance juive algérienne à Constantine (Extraits de l’ouvrage Le Camp des Oliviers)

10. Réminiscence O.A.S. , Bernard Deschamps

11. Les raisons de Marikana. La crise des mines de platine en Afrique du Sud , Paul Bond

19. Impérialisme humanitaire. Haïti aux prises avec ses « bienfaiteurs » , Elisabeth Logié

22. Algérie : le gaz naturel en déclin ? Entre pessimisme et optimisme ! , Alain Amsellem

24. Quid des trafics transnationaux d’êtres humains et de drogues ? , Aujourd’hui l’Afrique

24. Plongée dans les eaux troubles du trafic de migrants , Naima Benouaret (El Watan)

26. Le trafic de drogues via le continent africain, dont l’espace sahélo-saharien , JC Rabeherifara

27. Ouganda. La fripe occidentale tue le textile africain , Robyn Cunow et Teo Kermeliotis (CNN Atlanta, Courrier International)

28. Notes de lecture, JC Rabeherifara

29. Flashes d’actualités africaines, Robert Lavaud

31. Page AFASPA

32. Hommage à Raymonde Etienne , Monique Etienne

33. Henri Alleg est vivant , Francis Arzalier


Le Billet [ n° 129 (de septembre 2013 ]

Guerre au Sahel : dégâts collatéraux
Francis Arzalier

Le président Hollande nous en a avertis, en chef de guerre soucieux de récupérer le bénéfice de « sa » victoire : l’intervention militaire est un succés, il ne reste plus aux soldats français qu’à regagner leurs casernes, le djihadisme-intégrisme a été vaincu au Sahel. Cette affirmation digne du docteur Coué ne résiste pas à une observation sérieuse ; il suffit d’éteindre les télévisions française aux ordres et de lire un peu la presse africaine pour s’en convaincre.

Hollande a annoncé à Bamako et à Paris que le Mali devra tenir des élections en juillet 2013. Sa phrase : « Je serai intraitable sur l’échéance » a fait l’effet d’une piqure de rappel en Afrique. Le site guinéen francophone (guinéeconakry.info) le dénonce : « Que le Mali et le peuple malien soient prêts ou non, la question n’est pas là pour lui. En s’exprimant ainsi, il ne parle pas en tant que président d’un pays ami. Il prend plutôt la place de toute l’élite politique et de la société civile maliennes... Les adieux à la Françafique ressemblent à des vœux pieux. » (Boubacar Sanso Barry)

On est en droit en effet de se demander quelle valeur démocratique auront les élections réalisées à la va vite, sans concertation préalable entre forces politiques maliennes, dans un pays dont toute la moitié nord s’est vidée de centaines de milliers d’habitants fuyant les combats, et encore réfugiés dans des camps de survie, au Niger, Mauritanie, à la grâce des ONG et de l’ONU. Dans cette région saharienne, encore en guerre malgré les dires de Monsieur Fabius, la vie quotidienne des populations est précaire ; elles sont parfois, de fait, détachées du Mali, avec, semble-t-il, l’assentiment des forces françaises. Le journal malien l’Informateur en témoigne pour la ville de Kidal :
« Il manque de tout à Kidal. Du courant, des vivres, des médecins, des enseignants... Tous ou presque ont fui l’année dernière, comme une partie des habitants, quand les combattants salafistes d’Ansar Dine, le goupe d’Iyad AG Ghaly, ont bouté l’armée malienne hors de la ville... La place forte des Ifoghas, la plus puissante des tribus touaregs est coupée du monde. Cité interdite aux étrangers pendant plusieurs décennies, lorsqu’elle abritait un bagne militaire, Kidal a toujours été un cas à part. Une épine dans le pied du Mali, où ont été conçues toutes les rébellions touaregs de ces cinquante dernières années. Aujourd’hui encore, elle fait figure d’exception : alors que la ville a été libérée du joug d’Ansar Dine le 28 janvier, l’armée malienne n’y a toujours pas mis les pieds... Un « coordinateur », sorte de maire provisoire, a été nommé par les notables avec l ‘assentiment des deux groupes armés qui ont pris le relais d’Ansar Dine : le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, laïc) et le Mouvement islamique de l’Azawad (MIA, islamiste modéré)...

Le MNLA et le MIA, qui travaillent désormais main dans la main, le clament haut et fort : « Nous sommes prêts à nous battre ». À Bamako, le ton est tout aussi virulent... Officiellement, si l’armée n’est pas à Kidal, c’est par manque de moyens... « Si on ne monte pas, c’est parce que la France ne veut pas », déclare une source sécuritaire malienne. À court terme, le MNLA est considéré par Paris comme un allié dans la traque aux djihadistes. A plus long terme, dans la perspective d’une réconcilliation nationale, il est perçu comme « comme un interlocuteur inévitable », selon les termes d’un diplomate, Ibrahim Yattara.

Le moins qu’on puisse dire est que l’unité nationale malienne n’existe plus, au moins pour l’instant. La France s’honorerait en n’aidant pas à cette mise à mort d’une nation qu’elle a portée sur les fonds baptismaux en 1960. Autre affirmation claironnée par les stratéges parisiens, l’intégrisme-djihadisme est blessé à mort, réduit à quelques débris sans danger dans le désert saharien, alors qu’il était sur le point de conquérir toute la région avant l’intervention française.

Tous les observateurs sérieux démentent ce conte de fées : depuis le printemps 2013, les katibas armées djihadistes ont été capables non seulement d’attentats suicides, dans les villes « libérées » du Nord-Mali, mais d’actes de guerre réalisés par des commandos au Niger : de nombreux soldats nigériens ont payé de leur vie la protection du site uranifère explioté par la société transnationale à direction française Areva. Plus grave encore, est l’extension de cette guerre du Sahel ces derniers mois au nord du Nigéria, dont l’armée doit combattre les groupes intégristes Boko Haram, fortement armés.

Car cette nébuleuse de djihadistes-trafiquants, de Libye au Golfe de Guinée, des rivages atlantiques au Soudan, continue d’être abondamment pourvue en argent, armes et matériel : les profits de la drogue, des rançons d’otages, et divers sponsors y pourvient, les mêmes qui, parfois, financent partout au Sahel des medersas où fleurit souvent le discours intégriste sous prétexte d’Islam.

Car tous les pays du Sahel, jusqu’ici caractérisés par une foi musulmane tolérante, « africanisée », sont aujourd’hui touchés par le même phénomène inquiétant :la misère et le chômage, la rage provoquée par l’intervention étrangère (Occident ou Africains de la CEDEAO), et l’effondrement de l’état national (armée, police), provoquent la croissance du discours islamiste, rigoriste et parfois intégriste. Une dérive qu’ont connue tous les pays musulmans soumis à une intervention occidentale, de l’Irak à l’Afghanistan. L’opinion à Bamako est loin encore de connaître l’évolution de Bagdad ou Kaboul, elle n’en est pas immunisée.

Ce risque est réel aussi au Sahara algérien, comme l’explique l’Amenokal des Touaregs de Tamanrasset, Ahmed Edabir (interview de Salima Tlemçani, El Watan, 31 mars 2013) : « Vous avez regroupé les chefs de tribu et les notabilités de l’Ahaggar, mais aussi les jeunes... J’ai réuni les notables à leur demande et à la demande des jeunes de la région qui vivent des problèmes de marginalisation et d’exclusion... Nous ne souhaitons pas que demain les Touareg soient accusés de violence ou de tout acte de destruction, auquel certaines personnes malintentionnées appellent. Le but est également de couper l’herbe sous le pied de ceux qui depuis quelque temps se sont autoproclamés porte-parole de Touareg de l’Ahaggar... Les jeunes d’aujourd’hui vivent des problèmes sérieux et n’attendent que ceux qui leur apportent les solutions concrètes. Si nous ne faisons rien pour eux, ils iront chercher ce dont ils ont besoin ailleurs...

Quel est l’impact de la guerre menée par la France au Nord du Mali ?

« Tamanrasset est la région qui paye le prix fort de cette guerre. Elle reçoit les réfugiés, avec tous les problèmes que cela suppose. La situation sécuritaire n’est pas du tout rassurante. Notre plateforme de revendications illustre parfaitement tous ces besoins. Nous espérons qu’elle soit prise en compte le plus rapidemant possible. Il y va de la stabilité de la région, qui constitue aujourd’hui le bouclier qui défend le pays de toutes les menaces de ce bourbier qu’est la région du Sahel... » L’ensemble de l’Afrique du Nord-Ouest, méditerranéenne, sahélienne et saharienne, est durablement déstabilisée ; elle ne cessera de l’être tant que le sous-développement, la déliquescence des états, le chômage et les ingérences étrangères y nourriront les dérives intégristes et maffieuses.

Dans la rubrique :
  1. Numéro 99
    19 mai 2006

  2. Numéro 100
    24 juillet 2006

  3. Numéro 101 (septembre 2006)
    27 septembre 2006

  4. Numéro 102 - décembre 2006
    23 janvier 2007

  5. Le numéro 103 de la revue Aujourd’hui l’Afrique est paru
    23 mai 2007

  6. Le numéro 104 de la revue AUJOURD’HUI L’AFRIQUE est paru
    3 juillet 2007

  7. LE N°105 de la revue AUJOURD’HUI L’AFRIQUE est paru
    7 septembre 2007

  8. LE NUMERO 106 EST PARU
    29 janvier 2008

  9. Le numéro 107 de la revue Aujourd’hui l’Afrique est paru
    21 mars 2008

  10. LE NUMERO DE JUIN DE LA REVUE "AUJOURD’HUI L’AFRIQUE" EST PARU
    6 juin 2008

  11. LE NUMERO 109 (DE SEPTEMBRE 2008) DE LA REVUE "AUJOURD’HUI L’AFRIQUE" EST PARU
    1er septembre 2008

  12. Le numéro 110 (décembre 2008) de la revue Aujourd’hui l’Afrique est paru
    17 décembre 2008

  13. Le Nunméro 111 - mars 2009- de la revue est paru
    3 mars 2009

  14. Le numéro 112 / de juin 2009 d’Aujourd’hui l’Afrique est paru
    19 juin 2009

  15. Le n°113 (de septembre 2009) est paru
    27 septembre 2009

  16. Le numéro 114 de la revue "Aujourd’hui l’Afrique" (décembre 2009) est paru
    6 janvier 2010

  17. Le numéro 115 de la revue Aujourd’hui l’Afrique (mars 2010) est paru
    4 avril 2010

  18. Le numéro 116 (de juin 2010) d’Aujourd’hui l’Afrique est paru
    11 juin 2010

  19. « Il y a 50 ans les Indépendances d’Afrique noire »
    7 septembre 2010

  20. Le numéro 118 de la Revue Aujourd’hui l’Afrique est paru (décembre 2010)
    4 janvier 2011

  21. Le n°119 d’Aujourd’hui l’Afrique (mars 2011) vient de paraître
    18 mars 2011

  22. Le n°120 (de juin 2011) d’Aujourd’hui l’Afrique vient de sortir
    19 juin 2011

  23. Revue Aujourd’hui l’Afrique : Le n°121- septembre 2011 est sorti
    16 septembre 2011

  24. Le n°122 (de décembre 2011) d’AUJOURD’hui l’Afrique vient de sortir
    20 décembre 2011

  25. Aujourd’hui l’Afrique n°123 (de mars 2012) vient de sortir
    27 mars 2012

  26. Le numéro 124 de la revue AUJOURD’HUI L’AFRIQUE vient de sortir
    13 juin 2012

  27. Le n°125 d’Aujourd’hui l’Afrique (de septembre 2012) vient de sortir
    11 septembre 2012

  28. Le n°126 d’Aujourd’hui l’Afrique (de décembre 2012) vient de sortir
    27 décembre 2012

  29. Le numéro 127 (de mars 2013) d’Aujourd’hui l’Afrique vient de sortir...
    16 mars 2013

  30. Le numéro 128 (de juin 2013) d’Aujourd’hui l’Afrique vient de sortir
    16 juin 2013

  31. Le numéro 129 (de septembre 2013) d’Aujourd’hui l’Afrique est sorti
    11 septembre 2013

  32. Le n°130 (de décembre 2013) d’Aujourd’hui l’Afrique vient de sortir
    19 décembre 2013

  33. Le n°131 (de mars 2014) d’Aujourd’hui l’Afrique vient de sortir
    31 mars 2014

  34. Le n°132 (de juin 2014) d’Aujourd’hui l’Afrique vient de sortir
    6 juin 2014

  35. Le numéro 133 (de septembre 2014) de la revue Aujourd’hui l’Afrique vient de sortir
    16 septembre 2014

  36. Le numéro 134 (de décembre 2014) d’Aujourd’hui l’Afrique vient de sortir
    20 décembre 2014

  37. Le numéro 135 (de mars 2015) d’Aujourd’hui l’Afrique est sorti
    1er avril 2015

  38. Le n°136 d’Aujourd’hui l’Afrique (de juin 2015) est sorti
    29 juin 2015

  39. Le n°137 (de septembre 2015) d’Aujourd’hui l’Afrique est sorti
    30 août 2015

  40. Le n° 138 (de décembre 2015) d’Aujourd’hui l’Afrique vient de sortir
    21 décembre 2015

  41. Le numéro 139 de la revue Aujourd’hui l’Afrique est paru
    18 mars 2016

  42. Le n°140 de juin 2016 de la revue Aujourd’hui l’Afrique vient de sortir
    12 juin 2016

  43. Le n°141 (de septembre 2016) est sorti... en voici le "Sommaire" et "Le Billet" :
    13 septembre 2016

  44. Le n°142 (de décembre 2016) est sorti... en voici le sommaire :
    26 décembre 2016

  45. Le numéro 143 d’Aujourd’hui l’Afrique vient de sortir
    5 mars 2017

  46. Le n°144 (de juin 2017) est sorti
    30 juin 2017