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mercredi 22 février 2017





   
8ème édition de la Semaine Anticoloniale du 16 Février au 3 mars 2013
Au Mali : la politique de la canonnière n’est pas une solution
lundi 18 février 2013
Sortir du colonialisme, l’AFASPA et SURVIE ont organisé un débat à la Bourse du Travail de Paris le 14 Février 2013. En indiquant que toutes les associations,partis et adhérents du réseau n’avaient pas une approche identiques sur la question, mais se rejoignent pour affirmer que la politique de la canonnière ne peut se substituer à une véritable solution politique pour laquelle les Maliens et toutes les composantes de la société doivent être souverains, préservent les richesses nationales et que des mesures régionales soient prises pour faire cesser les trafics de tous ordres qui déstabilisent la région sahélienne. En ouverture du débat Jean-Claude Rabeherifara a livré une synthèse du point de vue l’AFASPA.

C’est d’abord l’affaire du peuple malien. Après, il s’agit de solidarité avec le peuple malien...

L’intervention au Mali n’a rien à voir avec celle en Libye car elle vise à mettre un coup d’arrêt aux djihadistes qui sont une force étrangère d’occupation qui cherchent à contrôler le peuple ; en Libye, les forces françaises ont attaqué un Etat souverain.

Le discours de Hollande à Tombouctou est plutôt satisfaisant et n’a rien à voir avec la posture de Sarkozy en Côte d’Ivoire.

Quelle suite alors à la guerre ? Les djihadistes ne constituent visiblement pas une force militaire crédible et, contrairement aux Touaregs, ils ne sont pas chez eux... Contrairement à l’Afghanistan, les montagnes du Nord-Est malien ne contiennent que quelques centaines de milliers d’habitants : les espaces ont se terrent les djihadistes ne sont pas habités... Les djihadistes n’ont pas d’arrière-pays. Mais alors la politique française de Hollande vise-t-elle juste à soutenir des sécessionnistes ?

Au Mali aujourd’hui, comme dans beaucoup de pays africains, il n’y a pas d’Etat, il n’y a plus d’Etat, plus d’intégrité territoriale... 50 ans après l’indépendance, ce qui reste de l’« Etat-nation » c’est un système transitoire formé d’une multitude de peuples pas fortement intégrés. Hollande a su profiter des bêtises du MNLA et d’Ansar-Dine qui sont descendus plus bas que le nord au-delà de Kidal. L’intervention au Mali réhabilite l’image française après la Côte d’Ivoire... Il y a comme un renouvellement de l’impérialisme français pour être plus acceptable par les Africains ; la France redore aussi son blason auprès de l’Europe...

Il y a un état de fait : les djihadistes sont relativement virés de leurs positions dans les villes... Les Maliens approuveraient massivement l’intervention française... mais il faut évaluer si la France peut renoncer à ses ambitions impérialistes et dans quelle mesure...

Ensuite, il faut évaluer les risques de regain d’islamophobie dans une certaine opinion publique française après toutes ces péripéties : c’est probablement ce que balisait Hollande en discourant à la Grande mosquée de Tombouctou...

En conclusion :

-   La politique de la canonnière n’est pas la solution, comme le dit l’Appel.

-   Retrait des troupes françaises.

-   Pour une solution politique basée sur la souveraineté du peuple malien.