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mercredi 22 février 2017





   
Lettre à Jean-Marc Ayrault à l’occasion de sa visite au Maroc
jeudi 13 décembre 2012
L’AFASPA a tenu à adresser un courrier documenté au Premier Ministre de la France envoyé au Maroc pour parler "affaires" avec le monarque qui est expert en la matière et consacre l’essentiel de son temps à s’occuper des siennes si l’on en croit l’excellent ouvrage "Le roi prédateur" de Catherine Graciet et et Eric Laurent paru aux éditions du Seuil. Nous espérions que le représentant du pays des droits de l’homme n’éviterait pas d’aborder le sujet comme c’est d’usage dans les pays qui n’y prêtent guère attention. Et bien non, il a seulement réitéré le discours retrouvé dans les dossiers du précédent gouvernement, à savoir que la France soutenait encore et toujours la position marocaine sur le conflit du Sahara occidental. Le Permier Ministre a oublié ce que le Maire de Nantes disait il y a peu.

Monsieur le Premier Ministre,

Vous serez cette semaine au Maroc en vue d’aborder les échanges économiques entre nos deux pays. Ce domaine des relations franco-marocaines ne peut faire abstraction de la question du respect des droits de l’homme, comme cela se pratique lors d’accords économiques avec des pays où sont régulièrement dénoncés des manquements graves à cette notion universelle.

C’est le cas du Maroc qui a fait l’objet de rapports au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU et plus précisément du rapporteur spécial sur la torture qui s’est rendu en septembre au Maroc et au Sahara occidental. Nous vous rappelons que la répression des manifestations du Mouvement du 20 février au Maroc ont fait 11 morts dont une jeune fille et que les populations sahraouies vivant sous occupation marocaine subissent 12 ans après « les années de plomb » : arrestations arbitraires, emprisonnements sans jugement, procès inéquitables, tabassages sur l’espace public, tortures dans les commissariats et les prisons ainsi que la disparition forcée.

Suite à l’attaque par les forces de police et l’armée marocaine du campement pacifique de 20 000 personnes dans le désert de Gdeim Izik, 22 militants sahraouis sont toujours en prison, sans jugement, en infraction avec la législation marocaine. Ils ont été sauvagement torturés lors et après leur arrestation et ce n’est qu’à l’issue de longues grèves de la faim qu’ils ont réussi à faire améliorer leurs conditions de détention. Leur procès a été reporté deux fois, par des procédures également illégales. Nous vous adressons le rapport de mission internationale d’observation à l’ouverture du procès qui devait se tenir le 24 octobre 2012. Cette situation illustre l’impuissance du Conseil des Droits de l’Homme du Maroc qui ne peut s’exprimer sur ce dossier tant que la procédure n’est pas achevée et son manque d’indépendance à l’égard du pouvoir

Cette situation a ses répercussions dramatiques sur les parents des prisonniers. Depuis un an cinq d’entre eux sont décédés : Mohamed Bani, Hassan Dah et Ettaki Elmachdoufi ont perdu leur père, Brahim Ismaili et Sidi Ahmed Lemjayed ont perdu leur mère sans pouvoir participer aux funérailles.

Nous vous demandons d’intervenir pour la libération des 57 prisonniers politiques sahraouis des geôles marocaines dont vous trouverez ci-joint la liste par prison.

Nous demandons aux autorités françaises d’agir positivement pour le règlement de ce conflit de décolonisation qui n’a que trop duré, par l’organisation d’un véritable référendum d’autodétermination et dans cette attente de convaincre le Maroc d’accepter l’extension du mandat de la MINURSO à l’observation de la situation des droits de l’homme, ce qu’a fait le Front Polisario.

Recevez, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de mes salutations respectueuses.

Jean-Paul ESCOFFIER Président

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