ACCUEILL’Afrique bouge> Mali
Dernière mise à jour :
lundi 22 mai 2017





   
NON A L’AVENTURE MILITAIRE AU MALI
Articles de la presse algérienne et française
dimanche 11 novembre 2012

Après la désastreuse intervention militaire menée par la France et la Grande Bretagne qui a fait selon les autorités nouvellement mises en place, près de 50 000 mots,on pouvait penser que le nouveau gouvernement français aurait d’autres objectifs en Afrique que la politique de la canonnière. Bombarder les populations civiles pour leur éviter de subir les affres des islamistes, c’est leur offrir la peste contre le choléra.

Ci-dessous deux articles du journal algérien Liberté et en pièce jointe une interview d’Issa N’Diaye, chercheur à l’université de Bamako parue dans l’Humanité Dimanche.

http://www.liberte-algerie.com/actualite/l-onu-conforte-la-position-d-alger-sur-le-mali-apres-les-usa-et-l-ue-188457

Après les Usa et l’UE -L’ONU conforte la position d’Alger sur le Mali

Par : Djilali BENYOUB - 10 novembre 2012

Romano Prodi, l’envoyé spécial de l’ONU pour le Sahel, a clairement affirmé, jeudi à Alger, sa position sur le Mali. L’option militaire constitue un dernier recours pour libérer le nord de ce pays occupé par les islamistes.

L’ultimatum du Conseil de sécurité de l’ONU pour la Cédéao pour l’élaboration du concept stratégique pour le déploiement d’une force armée au Mali a provoqué une sorte d’électrochoc chez les responsables politiques et militaires de la sous-région sahélienne. Si le volet militaire pour lequel a milité et bataillé la communauté de la Cédéao avec le soutien franc de la France a gagné le quitus de l’instance onusienne, les diplomates se sont réveillés pour relancer et intensifier la campagne de sensibilisation autour des conséquences d’une offensive dans la région.

Option défendue par l’Algérie qui a présenté une vision pour une solution politique assise sur le dialogue assortie d’une stratégie de développement du Nord-Mali tout en révisant sa position sur l’option militaire qui demeure, selon Alger, une voie de dernier recours.

Cette option a trouvé écho auprès d’autres pays du champ, le Niger et la Mauritanie, mais également une légitimité du Conseil de sécurité qui lui consacra dans sa résolution du 12 octobre une ouverture parallèlement à l’adoption de la solution militaire.

Début du compte à rebours pour la Cédéao mais surtout pour la diplomatie algérienne afin de convaincre ses partenaires occidentaux, du moins les plus importants, les États unis et l’UE, d’adhérer à sa stratégie. Une offensive qui sera payante avec le rapprochement de la position américaine clairement exprimée par la secrétaire d’État, Hillary Clinton, le représentant du SG de l’ONU, nommé spécialement pour le Sahel, l’Italien Romano Prodi, reçu jeudi à Alger, a franchement opté pour une solution qui éviterait la guerre. De son côté, la représentante de la diplomatie de l’UE, Mme Ashton, a montré quelques réticences quant au déploiement militaire de la Cédéao tout en assurant de la disposition de l’UE à aider l’armée malienne.

Premier perdant, la France, qui a fait de l’intervention militaire par sous-traitance la seule et unique solution, a été “déboutée”, l’Onu ayant laissé, malgré le délai étroit, une petite ouverture pour le dialogue inter-malien, et y compris la Cédéao, dont l’empressement à aller en guerre est largement inspiré par Paris, que son médiateur, Balise Compaoré, a reçu une délégation d’Ansar Edine, qui semble avoir accepté les conditions pour les négociations avec Bamako, premier pas vers le dialogue direct avec les autorités maliennes. Une autre délégation du même groupe s’est rendue à Alger avec des préliminaires sur le même ton qu’à Ouagadougou. Le leader d’Ansar Edine devrait faire une déclaration dans les prochains jours pour annoncer officiellement “ses distances” vis-à-vis des groupes terroristes, Aqmi et le Mujao qui occupent deux grandes villes du Nord, Gao et Tombouctou.

Reste maintenant le MNLA, qui a perdu tout dans sa conquête du Nord, à convaincre de renoncer à son projet d’indépendance. Et ce sera une issue honorable pour lui, d’autant plus qu’il a perdu du terrain au profit des groupes terroristes et Ansar Edine ainsi que politiquement, son projet étant rejeté par la communauté internationale. S’accrochera-t-il alors à la perche de la stratégie de développement des pays du champ, des engagements des USA et de l’UE qui préconisent une solution durable accompagnée d’un programme de développement socioéconomique pour le Nord-Mali ? En définitive, la France sous Hollande enregistre son premier échec en politique étrangère. Son erreur, au-delà de la diplomatie, est de vouloir engager une guerre par procuration et dont personne ne veut réellement. Et le temps aura enfin donné raison, entre autres, à l’Algérie, présentée au début comme un pays facteur de blocage à la solution préconisée par l’Élysée, qui a plaidé depuis le début de la crise pour une solution politique globale. Pour preuve, l’adhésion d’Ansar Edine à cette démarche dès l’amorce des contacts officiels.

http://www.liberte-algerie.com/editorial/quel-mali-apres-la-crise-188459 Quel Mali après la crise ?

Par : Salim Tamani La solution politique est toujours en vigueur, même si les préparatifs pour une intervention militaire se font en parallèle. Après la secrétaire d’État US, Hillary Clinton, et la Haute représentante de l’UE, Catherine Ashton, c’est au tour de l’ONU, à travers son envoyé spécial pour le Sahel, Romano Prodi, d’affirmer sa convergence de vue avec l’Algérie dans le cadre du règlement de la crise malienne. L’intervention militaire est ainsi considérée comme le dernier recours. Au-delà du camouflet subi par la diplomatie française qui a tenté de privilégier une approche exclusivement sécuritaire, le message de la communauté internationale est clair : les jihadistes n’ont pas le choix : se rendre ou mourir. Si le groupe Ansar Edine a rejeté le terrorisme et qu’il confirme sur le terrain sa disponibilité à respecter la souveraineté territoriale du Mali, le Mujao et Aqmi se retrouveront isolés et sans soutien au sein des populations maliennes. Mais cela suffira-t-il pour mener une guerre contre un mouvement qui a longtemps évolué dans des milieux hostiles et dont les agissements obéiraient non seulement à une logique idéologique, mais aussi d’intérêts ? La prudence prônée par l’Algérie dans la manière de régler la crise malienne et libérer le nord de ce pays occupé par des groupuscules terroristes s’explique en partie par la complexité du terrain et l’implication de plusieurs éléments externes dans ce dossier. Mais, en même temps, il ne faudrait pas perdre de vue que le règlement de la crise malienne est d’abord une affaire de Maliens, même si les répercussions du conflit atteignent l’ensemble des pays du Sahel et du Maghreb en termes d’éléments compromettant la stabilité de la région, surtout que la situation en Libye demeure très précaire.

Au demeurant, ce qui se passe aujourd’hui au Mali est la conséquence de plusieurs décennies de non-gestion de problèmes liés au déséquilibre du développement, voire d’abandon total de localités qui ont fini par tomber entre les mains de manipulateurs au service des puissances occidentales et orientales. Et la question qui se pose maintenant, ce n’est pas tant de savoir quand et comment le Mali retrouvera sa souveraineté perdue, mais comment faire en sorte que ce genre de précédent ne se reproduise plus.

Images jointes à cet article :
Humanité Dimanche octobre. Photo Harouna Traoré/AP
  • Taille : 1702 par 2288
  • Poids : 4 Mo
  • Titre : Interview d’Issa N’Diaye
  • Format : JPG