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Dernière mise à jour :
mercredi 11 octobre 2017





   
Le règne sans fin de Paul Biya
Parodie d’élection présidentielle au Cameroun
mercredi 26 octobre 2011
Trop c’est trop. Même les plus fidèles soutiens du dictateur-président Paul Biya craignent pour leur crédibilité déjà si entachée. Les Etats Unis, prudents et moins « attachés » au régime mis en place par la France, ont noté « des irrégularités à tous les niveaux ». Ce qui n’a pas été constaté par les services d’Alain Juppé puisqu’il a osé déclarer le 9 octobre que les opérations électorales « s’étaient déroulées dans des conditions acceptables ». Pourtant il a fait rectifier le tir après une réflexion de 13 jours par la voix de son porte parole qui a reconnu « de nombreuses défaillances et irrégularités ». La France n’en a pas pour autant contesté la validité et « pris acte » de l’élection de son ami Biya sans le féliciter (officiellement).

La Cour suprême du Cameroun n’a pas craint d’affirmer que près de 70% des électeurs se sont déplacés et que 77,989 % d’entre eux ont plébiscité pour la 6ème fois Paul Biya dans 9 régions sur 10 ainsi que dans la diaspora ! Dans son fief du Sud, il aurait même atteint le score de 96% des suffrages exprimés !!

Pour qui a suivi les reportages en direct des journalistes radio qui signalaient de nombreux bureaux de votes désertés, fermés pour certains, les témoignages d’électeurs qui constataient pouvoir voter plusieurs fois... et autres perles antidémocratiques, le résultat était connu d’avance. Ce qui fut confirmé par la distribution de cartons d’invitation pour fêter ces résultats par la Cour suprême, autorité "indépendante", avant même d’annoncer les résultats.

Autre particularité de cette élection pour laquelle la SAGEM a apporté son savoir faire (comme en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et sans doute prochainement à Madagascar), les résultats ont été publiés 2 semaines après le vote. La farce électorale est décidément cousue de fils blancs.

Certains membres de l’opposition ont qualifié l’Elecam et la Cour suprême « d’institutions caporalisées ». 20 recours ont été déposés par 10 des 22 candidats et une association, la plupart demandent l’annulation pure et simple de la totalité des résultats.

De quelle légitimité celui qui s’est taillé une constitution lui permettant d’être Président à vie peut-il se parer pour prétendre représenter son pays sur la scène internationale ?

Sur quelle légitimité les organismes internationaux et les pays « partenaires » s’appuieront-ils pour traiter des affaires économiques et politiques du Cameroun ?

Faire perdurer la cuisine politicienne internationale à base d’ingrédients d’hypocrisie, d’impunité, de pillage de ressources naturelles, d’oppression des peuples, ne fait l’affaire que d’un camp : celui de l’Impérialisme et de ses suppôts. Aux peuples de s’y opposer dans des luttes solidaires.