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mercredi 29 novembre 2017





   
L’Ethiopie s’érige-t-elle en gendarme de la Corne de l’Afrique ?
mardi 2 août 2011
Une mauvaise habitude semble s’emparer des autorités éthiopiennes qui, une nouvelle fois, ont arrêté et livré des Afar djiboutiens au dictateur Omar Guelleh. Entre régimes "amis" on peut bien s’échanger des opposants...ou que l’on soupçonne de l’être, comme c’est le cas aujourd’hui. C’est une pratique qui avait déjà prévalu en septembre 1997 quand une vingtaine de militants et sympathisants du FRUD (dont Mohamed Kadamy porte parole en Europe)avaient été arrêté en Ethiopie par les forces de police du pays et livrés à celles de Djibouti, ainsi qu’Aïcha Daballé qui travaillait pour une ONG franco monégasque dans des campements de réfugiés Afar et qui fut libérée après 6 mois de détension grâce à la solidarité internationale. Son crime à elle était d’avoir dénoncé les viols de femmes Afar par la soldatesque djiboutienne. Les 20 hommes ont passé 29 mois en prison et en sortirent à l’issue d’une campagne internationale en leur faveur. Mais cette fois c’est en territoire djiboutien que les policiers éthiopiens ont procédé à ces arrestations illégales et totalement arbitraires.

Communiqué de l’Observatoire pour le Respect des Droits de l’Homme à Djibouti.

Des éléments de l’armée éthiopienne ont arrêté sur le territoire djiboutien, entre Gawah et Balho (district de Tadjourah) une dizaine de civils qui s’étaient déplacés de leur région Moussa Ali à la recherche de points d’eau le 18 juillet 2011.

Accusés d’appartenir au Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie (FRUD), ces dix éleveurs très éprouvés par la sécheresse, par la perte d’une partie de leur bétail, ont été acheminés vers Ely Daar (Nord-Est de l’Ethiopie) et emprisonnés durant huit jours où ils auraient subi de mauvais traitements.

Quatre d’entre d’eux ont été livrés à la Police djiboutienne, malgré leur crainte. Ils sont depuis le 27 juillet 2011 détenus dans les locaux du Service de Documentation et de Recherche (SDR) de la gendarmerie où ils seraient torturés. On les soupçonne d’appartenir au FRUD, car tout homme valide dans ces régions frontalières est considéré comme FRUD.

Ce n’est pas la première fois que l’Ethiopie extrade des ressortissants djiboutiens vers leur pays.

L’ORDHD :
-  dénonce les arrestations arbitraires des ressortissants djiboutiens sur leur territoire par l’armée éthiopienne ;
-  dénonce l’extradition des civils djiboutiens par les autorités éthiopiennes vers Djibouti en toute illégalité ;
-  lance un appel pressant aux organismes des Droits de l’homme et à l’ONU, pour qu’ils exercent des pressions à l’encontre de l’Ethiopie afin qu’elle cesse des exactions contre les populations djiboutiennes d’origine Afar des régions Moussa Ali, Balho et Dawdawya, qui sont en proie à la famine.
-  demande la libération immédiate de ces personnes extradées d’Ethiopie et d’autres civils détenus arbitrairement à Djibouti.

Pour l’ORDHD : R. AVIGNON

Fait à Montreuil, le 29 juillet 2011

ORDHD

17 rue Hoche F-93100 Montreuil-sous-Bois

Courriel : ordhd@hotmail.com