ACCUEILL’Afrique bouge< Maroc
Dernière mise à jour :
samedi 27 mai 2017





   
LE POUVOIR MAROCAIN NE TOLERE PAS LA CONTESTATION
Témoignage d’une répression occultée des médias français
mardi 31 mai 2011
Envoyés spéciaux, micros et caméras sont braqués sur les frappes de l’OTAN(très chirurgicales car on n’annonce aucune victime ???),sur les répressions assassines des régimes syriens et yéménites, il n’en est pas de même sur celles qui se produisent au Maroc pour la troisième fois consécutives. Un voile pudique est entretenu en France, amitié franco-marocaines oblige. Les forces de police ont empêché que le rassemblement ait lieu devant le Parlement à Rabat. Les policiers en moto, armés de matraques ont foncé sur les milliers de manifestants à Casablanca. A Salé, Tanger et dans d’autres villes elles ont fait preuve de mêmes brutalités.

Nous reproduisons le message reçu ce jour sur la répression de manifestations qui se sont tenues ce week-end.

Les méthodes policières marocaines en deux actes

C’est la troisième semaine que le Mouvement du 20 février au Maroc subit de plein fouet les foudres du régime politique marocain, à travers ses appareils répressifs et idéologiques, qui ne servent qu’à liquider toute aspiration des forces vives du pays, particulièrement sa jeune génération, à l’émancipation, à la liberté, et à une démocratie réelle.

A Rabat, ayant enregistré plus d’une centaine de blessés lors des manifestations brutalement réprimées des 15 et 22 mai derniers, le mouvement, ainsi que les organisations qui le soutiennent ont décidé d’organiser, ce samedi 28 mai, un sit-in devant le parlement pour condamner la répression policière à l’encontre de ses militants. Après avoir interdit le sit-in pacifique, les forces de police, toutes catégories confondues sont intervenues pour disperser de force les manifestants. En 2 minutes, la place devant le parlement s’est vidée. S’en est suivi des courses-poursuites qui ont duré près d’une heure. Tous les cafés et boutiques du quartier entourant le parlement ont été fouillés par la police, qui a commencé une chasse aux sorcières dans toutes les rues à la recherche des jeunes du 20 février.

Acte I :

Dispersion faite et réussie, les militants se sont séparés, chacun est parti vaquer à ses occupations. A 16h, personne n’avait plus l’intention de re-manifester. Dans une rue derrière l’hôtel Balima, Nizar Bennamate, un jeune du 20 février et moi, croyions la course-poursuite finie. On est alors surpris par une quarantaine d’agents BLIR (Brigades légères d’intervention rapide) surgir des deux bouts de la rue. On essaie de se cacher dans une épicerie. Mais on a été rattrapés par une dizaine de ces agents, venus nous sortir manu militari de l’épicerie. Dans la rue, un photographe de la police s’approche de nous, et nous prend en photo de différents angles. Par la suite on est passés à la matraque, aux coups de brodequins, et coups de poing avant de nous relâcher, non sans les formules habituelles d’humiliation et de provocation.

Cette scène est très courante au Maroc, les mouvements sociaux à Rabat s’y sont habitués. En revanche, ce qui suit sort de la banalité, et renvoie aux méthodes employées par la police politique lors des années de plomb, que la génération actuelle ne connaissait que dans les romans de la littérature carcérale.

Acte II :>

A 20h, il n’y avait plus les forces d’intervention dans la place, tout semblait calme. J’attendais ma copine dans un café, pour rentrer à la maison, où on organisait une petite fête entre amis. Sur le chemin de la maison, deux policiers en uniforme (des CMI munis de gilets pare-balles) nous suivent depuis le café. Ils m’interpellent, me demande ma pièce d’identité. Je demande avec insistance la raison de mon arrestation, « tu sauras dans quelques minutes » m’avaient-ils expliqué. Ils nous emmènent, ma copine et moi, dans une rue vide de monde. Après dix minutes d’attente, leur chef arrive. Il me trouve en train de parler au téléphone à une membre du Bureau central de l’Association marocaine des droits humains (AMDH). Il m’ordonne, coup de poing dans mon thorax à l’appui, de raccrocher. Le « chef », comme les deux CMI l’appelaient, était vêtu d’un uniforme marron, et était mieux musclé que la plupart des autres policiers. Les personnes à qui j’ai demandé des renseignements sur ce corps de la police, en uniforme marron, n’en savent rien. Ma copine terrorisée par cette violence physique et verbale, j’ai essayé de garder mon calme et ne pas réagir à leur provocation. « Nous t’avons vu dans la manifestation de tout à l’heure, et nous t’avons pris en photo » me dit-il. Il ajoute, en m’étranglant : « La prochaine fois que je te vois avec les jeunes du 20 février, dans un café ou dans la rue, la prochaine fois que tu participes à leurs réunions, la prochaine fois que tu manifesteras, je vais te briser le dos, je m’occuperai moi-même de te tuer et de t’enterrer. Rappelle-toi bien de moi ». Je me demande comment je pourrais l’oublier...

Après les coups de matraque, l’humiliation, la provocation, la police marocaine semble passer à une vitesse supérieure dans l’usage de la violence à l’encontre des militants. Le 22 mai dernier, elle a eu recours aux rafles nocturnes à Casablanca. Le 15 mai, en poursuivant les militants du 20 février, les chefs de police ordonnaient aux agents d’intervention rapide : « Cassez lui le bras, cassez lui la jambe », en ciblant méthodiquement les militants les plus actifs. Les méthodes d’intimidation se multiplient dans les quartiers et dans la rue, où la police s’attaque à tout citoyen qui aurait manifesté un jour, et qui ait eu le malheur d’avoir été pris en photo par leurs photographes.

En tant que citoyen marocain, je considère que les forces de police agissent en toute illégalité, et que, par leurs actes que je dénonce, elles plongeront mon pays dans la terreur des années de plomb.

Face à des mouvements qui prônent la protestation pacifique, le seul acteur qui emploie la violence actuellement, c’est l’Etat marocain.

Tout en revendiquant mon droit à l’expression et à la protestation pacifique, je réclame mon droit à une enquête sur cet agent de la police qui m’a explicitement menacé de mort, menaces que je prends très au sérieux, et je tiens, par conséquent, le ministre de l’Intérieur, Taieb Cherkaoui, pour unique responsable de ce qui pourrait m’arriver dans le futur, de la part des différentes catégories de la police.

Rabat, Le samedi 28 mai Omar Radi

Journaliste indépendant

Jeune du 20 février

Gsm : 00 212 667 04 04 21

Le Mouvement Marocain du 20 février Paris/Ile-de-France appelle à une manifestation

Dimanche 05 juin 2011 à 15h à Paris

Départ : Parvis des Droits de l’Homme (Trocadéro) Arrivée : Ambassade du Maroc

Documents joints à cet article :
Dans la rubrique :
  1. VERITE ET JUSTICE pour les victimes du régime marocain
    5 décembre 2006

  2. 41 ARTISTES INTERROGENT SUR LA DISPARITION DE MEHDI BEN BARKA
    11 février 2007

  3. Police et Justice marocaines célèbrent le 1er Mai à leur manière
    10 mai 2007

  4. Maroc : retour aux années de plomb ?
    17 juin 2007

  5. LA REPRESSION POLICIERE RESTE L’OUTIL DU DIALOGUE SOCIAL DE LA MONARCHIE MAROCAINE
    10 juin 2008

  6. VIOLENTS AFFRONTEMENTS A ASSA (sud du Maroc)
    31 octobre 2008

  7. UNE GREVE DE LA FAIM POUR LE DROIT DE TRAVAILLER
    7 décembre 2008

  8. LE MAROC DÉBOUTÉ
    2 avril 2009

  9. AU MAROC ON BAILLONNE, ON REPRIME L’OPPOSITION DEMOCRATIQUE
    24 juin 2009

  10. Affaire Ben Barka : encore une dérobade devant la nécessité de vérité !
    3 octobre 2009

  11. Matraques et tir à balles réelles contre les mineurs de l’Office Chérifien des Phosphates
    12 mai 2010

  12. ASSOURDISSANT SILENCE SUR LA REPRESSION AU MAROC !
    24 février 2011

  13. MANIFESTATIONS AU MAROC : Caméras et micros français en berne ?
    21 mars 2011

  14. Diplomatie française : encore une bavure !
    28 mars 2011

  15. L’Association Marocaine des droits de l’homme refuse de cautionner
    28 avril 2011

  16. LE POUVOIR MAROCAIN NE TOLERE PAS LA CONTESTATION
    31 mai 2011

  17. Torture et procès truqué pour Zakaria Moumni
    4 juin 2011

  18. La double arnaque du référendum royal au Maroc
    28 juin 2011

  19. Les anciens détenus politiques marocains continuent la lutte
    6 juillet 2011

  20. Lettre ouverte de Khalid Jamaï à Alain Juppé
    13 juillet 2011

  21. Dimanche 23 octobre 2011 à 15h à Paris
    20 octobre 2011

  22. 46ème anniversaire de la disparition de Mehdi Ben Barka
    27 octobre 2011

  23. Mouvement du 20 février au Maroc : Réprimé, mais toujours en marche !
    30 janvier 2012

  24. LES JEUNES MAROCAINS INQUIETS
    13 juin 2012

  25. Museler la contestation au royaume
    23 août 2012

  26. ATTAC MAROC dénonce l’offensive répressive généralisée
    21 janvier 2013

  27. IGNORANCE OU MENSONGE ?
    10 avril 2013

  28. INTERVENTION DE LA FAMILLE DE MEHDI BEN BARKA
    30 octobre 2013

  29. Justice pour Zakaria Moumni torturé par la DST marocaine
    24 novembre 2013

  30. Les avocats cibles de la "Justice" marocaine
    17 février 2014

  31. L’OMDH vole au secours du directeur général de la DST
    8 mars 2014

  32. Observations préliminaires de Mme Navi Pillay, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, lors d’une conférence de presse à Rabat, Maroc, 29 mai 2014
    31 mai 2014

  33. Wafa Charaf, coupable de solidarité ouvrière !
    17 juillet 2014

  34. Arrestation arbitraire de Michèle Decaster, secrétaire générale de l’AFASPA
    12 août 2014

  35. Message de prison de Wafae CHARAF
    19 août 2014

  36. L’ambassade du Maroc à Paris refuse de recevoir une délégation
    18 septembre 2014

  37. Vérité et Justice pour Mehdi Ben Barka
    21 octobre 2014

  38. Double peine en Appel pour Wafae Charaf
    22 octobre 2014

  39. FORUM MONDIAL DES DROITS DE L’HOMME OU MARKETING MAROCAIN ?
    3 novembre 2014

  40. Solidarité avec Wafae Charaf, prisonnière politique marocaine
    12 décembre 2014

  41. Les autorités marocaines épinglées par le rapport de mission d’ERMDH
    3 avril 2015

  42. Ali LMRABET, Marocain sans papier au Maroc ?
    19 juin 2015

  43. La Voie Démocratique empêchée de mener sa campagne électorale
    1er septembre 2015

  44. LE MAROC ÉPINGLÉ A GENÈVE
    16 octobre 2015

  45. Campagne internationale de solidarité avec Wafa Charaf
    27 janvier 2016

  46. LUTTE CONTINUE DES PAYSANS D’IMIDER (Maroc)
    19 mai 2016

  47. Droits de l’Homme et liberté de la presse
    25 juin 2016

  48. Malgré la répression la lutte continue chez Maghreb Steel
    8 juillet 2016

  49. A propos de la disparition de Rachif Rafaa
    10 août 2016

  50. LA COLÈRE GRONDE AU MAROC SUITE AU CRIME ODIEUX !
    31 octobre 2016

  51. RAPPORT D’AMNESTY INTERNATIONAL 2016 Maroc/Sahara occidental
    22 février 2017