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Dernière mise à jour :
samedi 22 avril 2017





   
Conseil des Droits de l’homme de l’ONU à Genève
Le Maroc tente de bâillonner les ONG
15ème session du 13 septembre au 1er octobre 2010
mardi 28 septembre 2010
C’est au nom de la Fondation Danièle Mitterand France Libertés, du MRAP, de l’Association Américaine des Juristes et d’International Education Developpement que Madame Oretta Bandettini intervenait ce 24 septembre 2010 lors du débat relatif à la déclaration de Vienne (1993)au Palais des Nations à Genève quand le représentant du Royaume du Maroc l’a interrompue à trois trois reprises, pour en demander au Président de la séance de lui retirer la parole.

Des le debut de son intervention (ici en annexe), le représentant du pays qui colonise depuis 35 ans le Sahara occidental l’interrompit en deposant une motion d’ordre aupres du president de seance. Il reprochait à l’intervenante d’avoir incriminé son pays et sa situation interne, alors qu’elle abordait la question du droit des peuples des territoire non autonomes à disposer d’eux-mêmes, citant en l’occurrence le cas du Sahara occidental .

Le débat qui suivi cette tentative fut aussi intéressant qu’inédit :

-  Le représentant du Royaume Uni affirma l’importance de la présence des ONG et de l’expression de la société civile pour intervenir dans le débat sur la défense des droits de l’homme et que cela ne peut être discuté hors d’un contexte. En conséquence il demanda au Président de permettre à l’intervenante de poursuivre son intervention.

-  Le représentant des États Unis souligna à son tour l’importance du rôle des ONG au sein du Conseil des droits de l’homme et qu’elles doivent pouvoir citer des exemples précis pour développer leur argumentaire(Il est utile de préciser ici que pour ce point particulier de l’ordre du jour (la mise en œuvre de la déclaration de Vienne), des États avaient demandé qu’aucun État ne soit incriminé en particulier et que le débat devait s’en tenir aux principes).

-  Le représentant de la Belgique, intervenant au nom de l,Union Européenne, affirma ensuite son accord avec l’argumentaire de ses prédécesseurs, ajoutant que dans cette enceinte le droit des ONG à la parole est respecté et que ce principe est indispensable au bon fonctionnement du Conseil et que l’illustration d’un exemple replace la question dans son contexte.

Alors que Madame Bandettini reprenait le cours de sa déclaration, le représentant du Maroc posa une nouvelle motion d’ordre auprès du président de séance sur le respect de l ’ordre du jour....

-  C’est la Chine qui vola alors au secours de la voix du colonisateur marocain.

-  Le représentant du Nigeria, dans un long argumentaire expliqua que la présence des ONG est une plus-value pour le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, que les États parlent avec respect des autres États et qu’il en est de même pour les ONG. Il souligna que ce n’est pas la première fois qu’un État veut empêcher regretta que trop souvent des États veulent empêcher les ONG de parler.

Le président de redonna alors la parole à la représentante des quatre ONG qui fit remarquer respectueusement au président que dans son intervention elle n’avait pas cité le nom du Royaume du Maroc mais d’un territoire non autonome et que d’autre part que "le Conseil des droits de l’homme devrait noter que la puissante occupante ne figure pas sur la liste des Nations Unies des puissances administrantes, rappelant que la déclaration de Vienne appelait les États à éliminer toute violations des droits de l’homme et leurs causes, ainsi que les obstacles à la réalisation de ces droits".

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