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samedi 22 avril 2017





   
LE PARLEMEN EUROPEEN INTERDIT DE VISITE AU SAHARA OCCIDENTAL
Lettre de l’AFASPA à l’administrateur de la délégation
vendredi 7 novembre 2008
Le "jardin secret" du Roi n’est décidément pas accessible aux parlementaires européens. Pour la seconde fois en deux ans le Maroc refuse qu’une délégation s’y rende. La première fois en octobre 2006 il jugeait que la composition n’était pas équilibrée. Cette fois-ci il propose de s’en tenir à une visite à Rabat. On imagine le programme ! enfin, pas celui qui permettrait au Parlement Européen de constater que les Droits de l’Hommes sont bafoués et que le statut de pays avancé qui vient de lui être accordé était dû "au respect de la démocratie et des Droits de l’Homme".

à Monsieur Hans-Peter Kraus chargé de l’organisation de la délégation Ad Hoc du Parlement Européen

Monsieur, Nous venons d’apprendre que pour la seconde fois une délégation du Parlement Européen est empêchée de se rendre au Sahara Occidental pour s’informer sur les conditions de respect des Droits de l’Homme à l’égard des populations sahraouies.

En octobre 2006 les autorités marocaines avaient réfuté au Parlement Européen le choix de la composition de sa délégation. Aujourd’hui, alors que votre délégation était attendue du 21 au 25 novembre 2008 dans le territoire non autonome du Sahara Occidental occupé illégalement par le Maroc, elle ne pourrait quitter Rabat. Si cela était, elle serait dans l’incapacité de remplir sa mission d’observation et d’écoute des organisations sahraouies de défense des droits de l’Homme.

Il s’agit là d’une entrave grave à la libre circulation de parlementaires européens. Nous espérons que vous n’accepterez pas ce dictat du royaume du Maroc qui une fois de plus démontre que ce qui se passe au Sahara Occidental doit rester "top-secret". Pour preuve, le rapport de la Mission de mai 2006 du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU au Sahara Occidental et dans les camps de réfugiés sahraouis qui n’a encore jamais été publié, compte tenu de ses accusations graves qu’il porte à l’égard du régime marocain.

Pourtant ce ne sont pas les atteintes graves aux Droits de l’Homme perpétrées par les forces de police, de gendarmerie et les Groupements Urbains de Sécurités marocains qui manquent pour qui veut bien s’en préoccuper. Ainsi ces dernières semaines on a pu noter la répression de manifestations pacifiques demandant la tenue du référendum d’autodétermination à Smara et dans la ville d’Assa au sud du Maroc ; le licenciement abusif le 18 octobre 2008 du militant des Droits de l’Homme Ahmed Naciri, secrétaire général du Comité de défense des Droits de l’Homme de Smara. La justice marocaine apporte également sa contribution dans cette série de déni des droits fondamentaux comme à Goulimine où tribunal a condamné à 3 ans de prison et 5000dh d’amende le journaliste sahraoui Mustapha AbdDaiem pour ses opinions politiques. Ce membre de l’Union des journalistes et écrivains sahraouis a dénoncé diverses violations des droits humains perpétrés contre des étudiants sahraouis dans les territoires occupés, au Sud Maroc et dans les universités marocaines. Il avait été kidnappé le 27 octobre alors qu’il couvrait une manifestation à Assa.

L’Europe qui vient d’accorder au Maroc un statut de pays avancé ne doit pas fermer les yeux sur des pratiques d’un temps qui devrait être révolu.

Au nom de L’Association Française d’Amitié et de Solidarité avec les Peuples d’Afrique je vous demande de renoncer à toute visite qui pourrait apparaître comme de complaisance aux autorités d’occupation du Sahara Occidental.

Recevez, Monsieur, l’expression de mes salutations respectueuses.

Jean Paul ESCOFFIER Président de l’AFASPA

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