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Dernière mise à jour :
mercredi 22 février 2017





   
Lettre à Kofi Annan du 15 mai 2006
vendredi 19 mai 2006

Monsieur Kofi ANNAN - Secrétaire Général de l’ONU

Palais des Nations Unies S-378 NEW YORK NY 10017 &endash USA

Monsieur le Secrétaire Général,

Je vous adresse, ci-joint, une pétition internationale signée par 416 personnes en France et au Mali par des participants au Forum Social Mondial de Bamako, cette grande rencontre « pour un autre monde ». Outre les Français et Maliens, ce sont des personnes venues de RDC, du Mali, de Djibouti, d’Algérie, de Guinée, du Niger, d’Espagne, du Burkina Faso, du Japon, de Finlande, d’Allemagne et du Ghana qui exigent la libération des prisonniers politiques sahraouis, le respect du droits des peuples à disposer d’eux-mêmes et des décisions de l’ONU.

Depuis plus de 30 ans le peuple sahraoui se bat pour sa liberté et le respect de son droit à l’autodétermination bafoué par les colonisations espagnole et marocaine. Il a créé la République Arabe Sahraouie Démocratique le 27 février 1976, reconnue par 79 pays dans le monde et qui siège à l’OUA.

Ces 30 années de résistance et de lutte pour le droit universel des peuples à disposer d’eux-mêmes ont permis de prouver à la communauté internationale, pour la partie qui en aurait douté, que ce peuple ne renoncera jamais à ses objectifs de liberté et de respect de la légalité internationale. Il a su développer dans l’exil, les institutions d’un état reconnu par 79 pays dans le monde. Dans le territoire occupé, il a résisté à la disparition forcée et toutes les formes de répression que le régime de Hassan II et de son Markhzen ont organisées.

Il y va de votre crédibilité personnelle et de celle de l’ONU de lever les obstacles mis par le colonisateur marocain à l’organisation d’un référendum libre et transparent. Le peuple sahraoui souffre sur son sol d’une répression que personne ne peut plus ignorer et qui ne l’empêche pas de manifester quotidiennement son rejet de l’occupation étrangère. Il souffre aujourd’hui dans les campements de réfugiés d’un exil qui n’a que trop duré et auquel se sont ajouté en ce début d’année les conséquences de pluies diluviennes qui ont fait 50 000 sans abri d’après le HCR.

Nous vous avons envoyé depuis votre prise de fonctions de nombreux courriers allant dans ce sens. Ils sont restés sans réponse ; plus l’échéance de votre mandat s’avance, plus vous semblez céder aux velléités du colonisateur marocain qui bénéficie d’appui au Conseil de Sécurité. Votre dernier rapport en est une nouvelle illustration. Il propose l’abandon d’un Plan de Paix et réduit au maximum la question des disparus qui ne sont pas nommés, or il s’agit de centaines de disparus sahraouis pour lesquels le Maroc refuse de donner les informations en sa possession.

Nous attendons, Monsieur le Secrétaire Général, que le droit international et le droit des peuples soient au cœur des rapports et des actes de l’Organisation des Nations Unies. Ce qui a été possible au Timor Oriental colonisé par l’Indonésie doit pouvoir se faire au Sahara Occidental colonisé par le Maroc. Il s’en faut d’une volonté politique sur les principes et non sur basée les intérêts financiers personnels ou des multinationales qui s’approprient l’Afrique et ses richesses.

Recevez, Monsieur le Secrétaire Général, l’expression de nos salutations distinguées.

Jean Paul ESCOFFIER

Président