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Dernière mise à jour :
jeudi 20 juillet 2017





   
SAHARA OCCIDENTAL : à quand la décolonisation ?
Compte rendu de la rencontre du lundi 18 février 2008 dans le cadre de la semaine anticoloniale
samedi 23 février 2008

Invités : Omar Mansour représentant du Front Polisario, France Weyl avocate membre Droit Solidarité, Jean Paul Lemarec CORELSO, Claude Mangin-Asfari Amis de la RASD et Saïd Sougty représentant en France de la Voie Démocratique du Maroc. Modérateur Michèle Decaster AFASPA

Après avoir visité les expositions : « Sahara Occidental, la guerre, l’exil, l’oubli » de Hervé de Williencourt et le photo-reportage d’une mission de l’AFASPA - France-Libertés au territoire occupé en Novembre 2002, les participants se sont réunis avec les invités.

Il fut précisé d’entré que le conflit du Sahara Occidental qui a débuté en mai 1973 entre le Front Polisario et l’Espagne a pour origine la non application de la résolution du 14 décembre 1960 (1514) de l’Assemblée Générale de l’ONU qui déclare entre autre « tous les peuples ont droit à la libre détermination ; en vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et poursuivent librement leur développement économique, social et culturel (...) Il sera mis fin à toute action armée et à toute mesure de répression, de quelque sorte qu’elles soient, dirigées contre les peuple dépendants, pour permettre à ces peuples d’exercer pacifiquement et librement leur droit à l’indépendance complète, et l’intégrité de leur territoire national sera respecté. »(texte intégral en annexe)

Après 18 années de guerre puis 17 années de cessez-le-feu censé permettre l’organisation d’un référendum d’autodétermination, les sahraouis subissent encore l’oppression coloniale dans la partie occupée de leur pays et la douleur de l’exil pour ceux qui ont fuit la tentative de génocide de l’armée marocaine en 1975 et construit la République Arabe Sahraouie Démocratique le 27 février 1976 au lendemain du retrait de l’Espagne, reconnue par 80 pays et qui siège à l’Union Africaine. De l’autre côté d’un mur truffé de mines, de près de 3000km qui balafre le pays, une Intifada ne cesse de s’exprimer dans toutes les villes depuis mai 2005 sans que les forces de police ne parvienne à la museler.

Les intervenants à ce débat ont évoqué la chronologie de la colonisation du Sahara Occidental, les différentes étapes de la lutte du peuple sahraoui contre la présence espagnole puis celle du Maroc qui n’a pas respecté l’intangibilité des frontières, principe adopté par l’Organisation de l’Unité Africaine au lendemain des indépendances en Afrique. Omar Mansour, après avoir rappelé les étapes du plan de Paix de l’ONU, a indiqué les positions des parties aux cours des négociations directes demandées par le Conseil de Sécurité de l’ONU pour « parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara Occidental » : Le Maroc propose comme seule et unique option celle d’une autonomie du Sahara Occidental. Le Front Polisario propose qu’aux options d’intégration et d’indépendance soit ajoutée au choix des électeurs celle de l’autonomie. Pour chacune de ces options les assurances peuvent être déterminées en commun pour garantir aux populations sahraouies comme aux populations marocaines leurs droits quel que soit le résultat de la consultation. Il a précisé que le Front Polisario, reconnu par l’ONU comme le représentant du peuple sahraoui pour négocier les bases d’un accord avec le Maroc, ne peut en aucun cas se substituer à ce peuple qui a seul la souveraineté pour se déterminer quant à son avenir. Il a indiqué que les peuples marocain et sahraouis sont appelés à vivre entre peuples voisins et que les états doivent pouvoir coopérer économiquement selon des modalités qu’il convient de déterminer dans ces négociations directes.

Témoin lors de plusieurs parodies de procès faits aux militants des droits de l’homme, France Weyl a expliqué qu’il suffit de 10 à 30 minutes pour les condamner à de longues peines de prison sur la base de documents signés sous la torture. Les magistrats camouflent les procès des participants aux manifestations pacifiques réclamant la tenue du référendum en procès de délits de droit commun, sans respect des règles juridiques en vigueur au Maroc.

Pour que cette rencontre soit suivie d’une action concrète de solidarité avec ces courageux militants de la dignité des peuples, une pétition a été lancée pour demander la libération immédiate de Brahim Sabbar, secrétaire général de l’ASDVH et des prisonniers politiques sahraouis.

Une communication téléphonique a permis à Ghalia Djimi, disparue à l’âge de 26 ans durant 3 ans et demi dans les bagnes secrets de Hassan II, Vice Présidente de l’ASDVH de s’exprimer depuis le Sahara occupé. Elle a expliqué les entraves mises à l’expression des associations des droits humains que le régime refuse de légaliser. Elle a évoqué les prisonniers politiques sahraouis qui sont contraints à mener des grèves de la faim pour dénoncer leurs conditions de détention et obtenir la reconnaissance du statut de prisonnier d’opinion. Elle a remercié toutes celles et ceux qui expriment leur solidarité avec le peuple sahraoui dans sa lutte pour ses droits fondamentaux.

Le débat a également mis en valeur le silence des médias français sur cette question du fait du positionnement de la France dans ce conflit depuis le début, et quel que soit les gouvernements qui se sont succédés. L’incohérence de ses positions a été soulignée : soutien inconditionnel à la colonisation marocaine du Sahara Occidental et applaudissements à une indépendance autoproclamée du Kossovo.

Saïd Sougty a rappelé que son mouvement « la Voie Démocratique » met au cœur de son projet, et ce depuis sa création, la lutte pour un Etat démocratique au Maroc afin de sortir le pays de la situation politique et économique où il se trouve. Il soutient le droit à l’autodétermination des sahraouis à travers un referendum selon le droit international. Il a rappelé les deux lettres que son mouvement a envoyées au Palais pour décliner l’invitation à discuter sur le conflit pour une raison simple : ce sont les erreurs du régime depuis 1975 qui ont fait durer ce conflit. Il ne lui revient pas de soutenir l’une ou l’autre des parties en conflit mais se réjouit que des négociations directes aient lieu et souhaite qu’elles débouchent sur une solution dans l’intérêt des deux peuples. Il estime que ce sont les débats comme aujourd’hui qui peuvent favoriser un climat de confiance entre les peuples, en rapprochant les points de vue. Il a rappelé également le procès de 1977 des siècles de prison aux 139 militants marxistes léninistes. Cette soirée de la semaine anticoloniale avait mobilisé, sous l’impulsion de l’ambassade du Maroc, des défenseurs de la colonisation... qui n’ont pu expliquer les raisons pour lesquelles un référendum proposant trois choix aux électeurs ne pouvait se tenir. Pas plus qu’ils n’ont pu réfuter la répression sur la population civile illustrée par nombre de photos reçues par internet : une belle brèche dans le mur du silence érigé du temps de Hassan II autour de « son jardin secret », qui érigée grâce au courage de ceux qu’il entendait enfermer dans la peur, aidés par les nouvelles technologies !

A l’issue de la soirée une pétition a été lancée pour la libération de Brahim Sebbar et les prisonniers politiques à l’initiative de l’AFASPA, le CORELSO, L’Association des Amis de la RASD, Droit-Solidarité et l’AFAPREDESA-France.

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