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mercredi 11 octobre 2017





   
MALI : CINQ JOURNALISTES INCARCÉRÉS POUR OFFENSE AU PRÉSIDENT
dimanche 24 juin 2007

MALI : CINQ JOURNALISTES INCARCÉRÉS POUR OFFENSE AU PRÉSIDENT


Cinq journalistes incarcérés pour offense au président BAMAKO, 21 juin (Reuters) -

Un sujet de dissertation donné dans un lycée malien concernant les frasques sexuelles d’un chef d’Etat fictif a envoyé en prison cinq journalistes et un professeur - pour offense au véritable président du pays. Les arrestations de Bamako suscitent une vague de protestations de la part d’organismes internationaux défendant la liberté de la presse, qui accusent les autorités maliennes d’atteinte aux principes démocratiques et réclament la libération des cinq personnes écrouées. Un procureur de Bamako a fait arrêter la semaine dernière le journaliste Seydina Oumar Diarra, du quotidien privé Info-Matin, pour avoir consacré un article le 1er juin à un sujet de dissertation donné à ses élèves par un professeur de lycée et intitulé "La Maîtresse du président de la République". Bassirou Kassim Minta, professeur au lycée Nanaïssa Santara, a aussi été arrêté pour avoir invité ses élèves à rédiger sur le thème d’une étudiante devenue prostituée qui, tombée enceinte d’un président, cherche à faire reconnaître son enfant.

Le directeur de publication d’Info-Matin, Sambi Touré, et trois autres responsables de publications - Ibrahima Fall (Le Républicain), Alexis Kalambry (Les Echos) et Hamèye Cissé (Le Scorpion) - ont aussi été arrêtés pour "complicité d’offense au chef de l’Etat par fourniture de moyens". Les trois derniers avaient publié l’article de Diarra par solidarité avec lui. Les cinq personnes arrêtées doivent comparaître en justice le 26 juin.

Le Committee to Protect Journalists (CPJ), basé à New York, a qualifié ces arrestations de scandaleuses. De son côté, Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé "l’acharnement du procureur à envoyer des journalistes en prison au mépris des standards démocratiques". L’organisation juge en outre "incompréhensible" le silence du président malien Amadou Toumani Touré sur l’affaire. "Le Mali, salué comme une démocratie exemplaire en Afrique , prend le visage banal d’une république autoritaire, percluse de tabous et dangereuse pour ceux qui se montreraient irrévérencieux envers un chef de l’Etat intouchable", écrit RSF. Le président Touré, ancien parachutiste arrivé une première fois au pouvoir par un coup de force en 1991, a ensuite été salué sur le plan international pour s’être effacé devant un président élu démocratiquement. Porté à son tour à la tête de l’Etat en 2002, il a été réélu confortablement en avril dernier. / PBR