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Dernière mise à jour :
samedi 25 mars 2017





   
Lettre du CORELSO (Comité pour le Respect des Libertés et des Droits Humains au Sahara Occidental) au Président de la République
mardi 20 février 2007

Monsieur le Président

Une délégation ministérielle marocaine vous a présenté récemment son projet d’autonomie pour le Sahara occidental. C’est avec étonnement que le CORELSO a pris connaissance de votre déclaration qualifiant ce projet de "constructif". En apportant votre soutien à ce plan d’autonomie, vous mettez en cause les engagements des Nations-Unies, auxquels la France a souscrit comme membre permanent du Conseil de Sécurité, pour que le peuple sahraoui puisse décider de son avenir en exerçant son droit à l’autodétermination.

En effet, ce plan d’autonomie, que le Maroc veut imposer de façon unilatérale, bafoue la légalité internationale fondée sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Vous n’ignorez pas que le Sahara occidental est occupé par le Maroc depuis 1975 en toute illégalité, comme l’a confirmé la Cour Internationale de Justice de La Haye qui ne reconnaît pas la souveraineté du Maroc sur ce territoire. Depuis le cessez-le-feu conclu en 1991 et la création de la MINURSO, le Maroc multiplie les obstacles et les manœuvres de retardement pour empêcher la mise en œuvre du plan de règlement des Nations-Unies avec un référendum d’autodétermination conformément à la résolution 1495 de juillet 2003 (Plan Baker)., alors que ce plan a été accepté dans son intégralité par le Front Polisario.

Aujourd’hui, le Maroc franchit une nouvelle étape dans sa politique d’annexion : bafouant toutes les résolutions des Nations-Unies, il s’arroge le droit de décider du sort du Sahara occidental au lieu et place du peuple sahraoui pour le maintenir sous son joug colonial.

Le CORELSO estime que la France peut et doit jouer un rôle constructif dans la résolution de ce conflit qui dure depuis 1975. Ce rôle, qui ne peut se concevoir comme un soutien à l’une des parties, en l’occurrence le Maroc, doit défendre la légalité internationale en respectant le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Vos relations privilégiées avec les autorités marocaines devraient vous être utiles pour les convaincre de coopérer et de se conformer à la légalité et au droit. Vous aurez ainsi rendu un grand service à la paix, à la défense de la démocratie et au développement de la coopération.

Avec l’espoir que vous prendrez ces remarques et propositions en considération et que vous les ferez partager par les autres membres du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.

Aline Pailler

Co-présidente du CORELSO

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